Discours

Messieurs les Présidents, Chers Frères et Amis ; Messieurs les représentants de leurs Majestés et Altesses ; Honorables Premières Dames ; Mesdames et Messieurs les Chefs des Délégations ; Messieurs les Anciens Chefs d’Etat ; Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ; Monsieur le Président du Conseil Constitutionnel ; Messieurs les Présidents des Grandes Institutions de la République ; Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine ; Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales et Non Gouvernementales ; Distingués Invités ; Mesdames, Messieurs ; Je voudrais remercier et souhaiter la cordiale bienvenue dans le pays de Toumaï, terre d’espoir et d’hospitalité, à tous nos hôtes qui ont bien voulu honorer de leur présence la cérémonie d’investiture. En mon nom personnel et en celui du peuple tchadien, nous leur exprimons notre profonde gratitude pour cette marque de sympathie, de fraternité et d’amitié. Je voudrais adresser ma reconnaissance aux millions de mes frères et sŒurs qui ont exprimé leur volonté et leur désir pour un Tchad prospère, émergent, fort et éternel, en portant leur choix sur ma modeste personne pour un nouveau mandat de cinq ans. Leur vote est le reflet de leur profond attachement à la paix. Je n’exclue pas ceux et celles de mes compatriotes qui ont voté pour mes adversaires, leur vote est le signe que notre processus démocratique s’améliore et se consolide chaque jour. A ceux qui ont lancé des mots d’ordre de boycott, je dirais que je respecte leurs décisions, tout en leur rappelant que le boycott est antidémocratique. Ils ont ainsi voulu empêcher une partie de l’opinion d’exprimer son point de vue sur le cours de la nation. Le propre de la démocratie est qu’elle n’est jamais parfaite, jamais achevée. Mais qu’à cela ne tienne, mon élection est la victoire de tout le Tchad et non celle d’une partie sur une autre. Car mon ambition va au-delà de ma modeste personne ; mon ambition est celle de faire du Tchad un pays uni, soucieux de sa souveraineté et de son devenir dans un monde en perpétuelle mutation. Pour ce faire, j’ai pleinement confiance dans la capacité des Tchadiennes et des Tchadiens à relever tous les défis de la mondialisation. Mes chers compatriotes Tchadiennes, Tchadiens En me réélisant à la magistrature suprême, vous prenez avec moi un engagement nouveau et fort pour traduire dans les actes notre devise à savoir l’unité, le travail et le progrès. Je vous promets de consacrer toute mon énergie pour préserver l’indépendance du Tchad, sa souveraineté chèrement acquise, sa cohésion nationale et son rayonnement dans le monde et assurer la cohésion nationale. Je vous renouvelle mon serment de ne jamais trahir notre volonté commune de faire de notre très cher pays un havre de paix et un espace prospère, à la hauteur de nos attentes légitimes. Je suis et je resterai votre serviteur. Parlant de l’avenir, ma pensée va d’abord à la jeunesse et à la femme car elles constituent le socle de notre essor économique et social. La Jeunesse et la Femme sont les actrices majeures de la Renaissance de la Nation Tchadienne. Je rêve d’une jeunesse qui ose et qui a de l’audace. Je rêve de faire de la femme, le trésor de la renaissance de la nation tchadienne. Je rêve de construire un Tchad débarrassé de certains stéréotypes et de la division, une nation où les populations se comprendraient mieux et se considéraient en quoi elles se ressemblent. Depuis un an, la marche de notre pays est marquée du sceau de la renaissance et orientée vers une nouvelle vision du Tchad. La Renaissance, c’est la stabilité, la paix, la réconciliation et l’unité nationales. En effet, le Tchad du 21ème siècle doit être une nation riche et industrialisée, forte et digne, occupant une place honorable au sein de l’Afrique et du monde. Tchadiennes, Tchadiens Mes chers compatriotes Au cours de la campagne électorale, j’ai compris vos attentes qui sont : - la souveraineté alimentaire ; - l’accès à l’éducation, aux soins et à l’habitat pour tous ; - l’accès à l’eau potable - le développement industriel répondant à nos besoins et surtout agro-alimentaire ; - la création des emplois et le développement de l’auto-emploi ; - la transparence dans la gestion publique ; - la justice sociale pour tous et l’égalité des chances pour tous les citoyens devant la loi ; - le respect du Droit et de l’autorité de l’Etat. J’ai décidé de consacrer les trois premières années de mon quinquennat au monde rural. Car, je demeure convaincu que l’indépendance du Tchad passe obligatoirement par le développement rural. Un Homme qui a faim n’est pas un Homme libre, a-t-on coutume de dire. C’est pourquoi, nous visons, à terme, non seulement l’indépendance alimentaire, mais le Tchad doit aussi être un exportateur net des produits agricoles. Nous poursuivrons notre politique de modernisation de l’agriculture et de l’élevage, les deux richesses pérennes de notre économie. Nous porterons également nos efforts sur la mise en place d’une industrie visant la transformation des produits de notre agriculture et de notre élevage, à l’instar de l’usine de jus de fruits de Doba, de la société de filature de Sarh, de la cimenterie de Baoré et de la raffinerie de Djarmaya. S’agissant précisément de l’élevage, nous passerons très rapidement du stade de l’élevage contemplatif à l’élevage intensif et industriel. A cet effet, un projet très avancé de construction des abattoirs modernes dans les villes d’Abéché, d’Ati et de Moundou est en cours Aussi, les produits de ces abattoirs, en plus de la consommation locale, seront exportés vers l’Afrique, l’Europe et le Moyen Orient. Mais les populations tchadiennes ne bénéficieront de l’impact positif de la modernisation du développement rural que si les infrastructures routières, aéroportuaires sous-tendent cette politique volontariste. Au-delà du désenclavement de notre pays qui a commencé, notre ambition est de jouer un rôle clé dans le transport et le commerce africains. C’est pourquoi, nous maintenons notre objectif de bitumer 6.000 kilomètres de routes et de construire un chemin de fer reliant notre pays de l’Est à l’Ouest en nous reliant au Soudan à l’Est, au Cameroun et au Nigeria à l’Ouest. Nous comptons, en même temps, construire de nouveaux aéroports et porter les principaux aéroports existants aux normes internationales pour accueillir les avions de toutes directions et toutes catégories. Avec ces infrastructures modernes, notre position au centre du continent nous permettra de jouer le rôle de nŒud routier, ferroviaire, aérien et commercial de l’Afrique. Dans l’immédiat, nous nous attèlerons à la résolution de la crise énergétique qui retarde les nombreux programmes et plans de décollage socio-économique de notre pays que le Gouvernement a conçu. C’est ainsi que la centrale électrique de Farcha va être réhabilitée et verra sa capacité de production doubler. La nouvelle centrale de Farcha, d’une capacité de 60 mégawatts, entrera en fonction dès la fin du premier trimestre 2012. Dans le souci d’étendre les réseaux électriques jusqu’aux quartiers périphériques de N’Djaména, avec l’aide de nos partenaires au développement, le Gouvernement a prévu la construction d’un poste de transport de l’électricité de Djarmaya vers ces quartiers périphériques. Au niveau de nos villes de l’intérieur du pays, le Gouvernement poursuivra le plan d’électrification de toutes nos principales villes et de certains centres secondaires. En matière d’eau potable, nos villes et villages bénéficieront des adductions d’eau potable. Les efforts seront poursuivis pour les populations aient accès à l’eau potable par la construction d’ouvrages modernes. Dans le souci de voir nos villes se développer dans un environnement sain, il est prévu un vaste programme de leur assainissement qui passe par la construction des voiries urbaines et des ouvrages de canalisation des eaux pluviales et des eaux usées. La fin de l’année 2011 marquera l’enracinement de la démocratie dans notre pays. Aussi, nous aurons à organiser les premières élections locales tant souhaitées par nos populations. Elle sera marquée par la tenue effective des élections municipales qui est la forme la plus élaborée de la démocratie par la base. Mes chers compatriotes ; M’adressant aux jeunes, je leur dirai tout simplement qu’ils sont l’espoir du Tchad et les acteurs majeurs du rayonnement de la nation tchadienne sur la cène africaine et internationale. C’est pour vous que je m’investis particulièrement chaque jour. J’ai sacrifié toute ma vie pour le bonheur et la réussite de la jeunesse tchadienne, partant d’un Tchad meilleur. Je partage avec vous vos attentes et vos ambitions. La mise en place d’un Fonds national d’appui à la jeunesse pour financer vos projets est déjà un début de réponse à vos attentes. En plus du Fonds national d’appui à la jeunesse, je mettrai dès l’année prochaine une somme d’un montant de deux milliards de francs CFA dans chaque région pour des réalisations sociales en faveur de la jeunesse. L’avenir de ce beau pays, que vous aimez tant, vous appartient. Demain, c’est vous qui le dirigerez. C’est pourquoi, je rêve d’une jeunesse qui ose et qui a de l’audace, qui refuse la résignation et la fatalité, qui embrasse la culture de l’excellence et l’amour du travail, du travail bien fait surtout. Le Tchad ne peut s’assurer un avenir radieux que par le travail, que par l’exploitation de ses immenses potentialités. M’adressant à mes sŒurs Femmes du Tchad, vous occupez une place à part dans mon projet de société ; vous en constituez le principal maillon. Ensemble, nous devons mettre fin à certaines pratiques traditionnelles néfastes qui retardent le plein épanouissement de la femme. Ces mauvaises pratiques s’appellent mariages précoces, excisions, grossesses non désirées et refus de la scolarisation des jeunes filles. Une place de choix sera consacrée, au cŒur du quinquennat que j’entame aujourd’hui, à l’autonomisation de la femme tchadienne, surtout de la femme rurale. Convaincu que le développement d’une nation repose fondamentalement sur ses ressources humaines. C’est pourquoi, nous allons poursuivre et intensifier notre politique dans le domaine de l’éducation. Nous mettrons tout en Œuvre pour que l’objectif « Education pour tous à l’horizon 2015 » soit atteint. Nous profitons de cette occasion pour remercier nos partenaires bilatéraux et multilatéraux qui nous accompagnent de manière significative dans cette noble action. Des investissements conséquents seront réalisés en faveur du secteur de l’éducation, des réformes nécessaires seront apportées à notre système éducatif afin d’arrêter le phénomène de baisse de niveau. Nous consentirons tous les efforts pour aller résolument vers une culture d’excellence dans nos écoles, collèges, lycées, instituts et universités. C’est un des défis à relever au regard de la baisse de niveau dans tous les établissements scolaires (primaire, secondaire et universitaire);. Conscient de l’importance de la santé pour nos populations, nos actions porteront très fortement sur l’amélioration de la couverture sanitaire. Nous poursuivrons notre politique de gratuité des soins en faveur de la mère et de l’enfant, dans les urgences, dans la lutte contre le VIH/sida et le paludisme. Nous accorderons une attention toute particulière à la réduction, sinon à l’éradication de la mortalité maternelle et infantile et à la transmission du virus du VIH/sida de la mère à l’enfant. Les conditions de vie et de travail du personnel de la santé seront améliorées de manière significative. La priorité sera accordée au développement des ressources humaines afin d’en renforcer quantitativement et qualitativement pour rendre opérationnels tous les centres de santé. S’agissant de l’environnement, nous continuerons notre combat écologique et pour un développement durable. Notre programme des ceintures vertes autour des grandes villes sera intensifié, en ce qui concerne la Grande Muraille Verte, nous associerons tous les partenaires pour sa réussite, car c’est un projet africain pour les générations futures. De manière générale, nous renforcerons, au cours de ce nouveau quinquennat, la lutte contre la pauvreté. Des efforts seront consentis, à la hauteur des attentes des populations tchadiennes, pour que notre pays atteigne les principales cibles des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD);. Tchadiennes, Tchadiens ; Mes chers compatriotes ; J’attache du prix à la moralisation et à l’assainissement de la vie publique. Il n’y aura aucune clémence pour les auteurs des détournements des biens publics et d’abus sociaux à qui la loi sera appliquée dans toute sa rigueur. De même, une lutte implacable sera engagée contre les corrupteurs et les corrompus afin d’éradiquer la corruption qui est aujourd’hui un grand mal de notre société. Tous ceux et toutes celles qui se livrent à la pratique du sport du gain de l’argent facile doivent immédiatement cesser. Dans le domaine de la justice, nous poursuivrons la réforme de la justice pour la rendre plus proche des justiciables. Notre système judiciaire a besoin des magistrats, des greffiers, des avocats, des notaires et des huissiers intègres. Au plan international, le nouvel élan que nous avons imprimé à notre diplomatie porte ses fruits et donne des résultats positifs. Désormais, le Tchad occupe dans la communauté internationale la place qui est la sienne. Notre pays est aujourd’hui respecté dans le monde entier. Nous allons donc poursuivre et intensifier cette politique pour hisser encore notre pays sur la cène internationale. Mes chers compatriotes ; Mesdames, Messieurs ; Au moment où nous sommes entourés de nos frères et sŒurs d’Afrique, d’Europe et de la péninsule Arabe, nous sommes sensibles aux déchirements que vivent nos frères et voisins de la Libye. L’Union Africaine répète sans cesse que les armes ne peuvent régler les problèmes de nos pays. Au Tchad, nous soutenons cette position avec d’autant plus de conviction que nous avons vécu cette expérience dans notre chair. Après des années d’affrontements, nous n’avons retrouvé la paix que quand nous sommes assis pour conclure des accords de paix. Aujourd’hui que les protagonistes reconnaissent que la guerre en Libye est dans une impasse, le temps est venu pour l’Afrique et la communauté internationale en général de réfléchir à une action commune en vue d’un règlement pacifique. N’oublions pas que chaque jour qui passe vide la Libye de ses bras valides et approfondit la haine entre frères et sŒurs. Notre continent a besoin de paix pour s’attaquer aux problèmes qui pèsent sur la vie quotidienne de ses habitants. Nos véritables ennemis sont : la famine, les maladies, l’ignorance. C’est souvent sur le terrain préparé par les guerres que se développent ces fléaux. La famine est déjà déclarée dans la Corne de l’Afrique ; ce n’est pas un hasard. Mais rien ne permet de dire que la famine n’atteindra pas tous nos pays. Car nos systèmes de production sont encore rudimentaires et nos ressources limitées. Le développement de l’Afrique passe par le développement de l’agriculture et de l’énergie. Nous devons cultiver la paix pour consacrer nos ressources à ces secteurs vitaux. Des maladies comme le paludisme, le sida et la poliomyélite sont devenues un calvaire permanent pour nos populations, handicapées et décimées depuis des décennies. Les tranches les plus exposées, qui méritent notre protection, sont bien sûr, la mère et l’enfant. S’il est vrai que la plupart de nos Etats ont placé leur sort au centre de leurs programmes, les résultats de ces efforts sont encore faibles. Qu’il s’agisse de notre développement économique ou du combat contre les maladies persistantes, l’Afrique n’a de chance de succès que dans l’unité. Tant que nous n’aurons pas réalisé l’intégration de nos Etats, nos efforts épars resteront vains. Nous avons annoncé, il y a douze ans, la naissance de l’Union Africaine. Mais notre organisation fait du sur-place. L’Afrique doit faire un sursaut pour parachever cette union. Le Tchad, pour sa part, est décidé à y apporter sa contribution. Mes chers compatriotes ; Je vous invite à avoir foi en notre pays, à cultiver vivement l’amour pour notre mère patrie, notre patrimoine commun. Je demeure convaincu que c’est dans la tolérance, le pardon et la paix que nous allons ensemble faire de notre pays, le Tchad, berceau de l’humanité, un pays émergent. Vive le Tchad, fort et éternel. Je vous remercie.

Par: Le 08/08/2011 00:00