REMERCIEMENT DU PRESIDENT MALIEN DIONCOUNDA TRAORE AU PRESIDENT IDRISS DEBY ITNO

Au sommet extraordinaire de la CEN SAD qui s’est achevé samedi à N’Djaména, le Chef de l’Etat malien Dioncounda Traoré a tenu à remercier dans un discours, en son nom propre et au nom du peuple malien frère, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO pour l’envoi du contingent de l’armée nationale tchadienne au Mali, durement éprouvé par les exactions des groupes terroristes Excellence IDRISS DEBY ITNO, Président de la République sŒur du Tchad. Je voudrais vous dire ce petit mot pour votre contribution historique : merci. Merci en mon nom propre, du fond du cŒur et de la part du Président d’un pays fortement éprouvé mais qui s’efforce de revenir à la normalité grâce à la chaîne de fraternité dont vous, Président Déby et votre peuple, êtes un maillon essentiel. Merci aussi au nom du peuple malien du fond du cŒur pour les deux mille soldats de la vaillante armée tchadienne que vous avez engagés, sans calcul et sans condition dans l’Œuvre de libération de mon pays. A Gao, Kidal, Tombouctou, Douentza, des mères pleuraient le viol de leurs filles, l’amputation de leurs garçons, l’humiliation de leurs époux. Vous avez su entendre leurs sanglots. Vous avez donné suite à l’appel de ces adolescents transformés en enfants-soldats et en bombes humaines et marchant en automates pour tuer et se tuer, au service du Diable. C'est-à-dire d’hommes se disant de foi et loi, mais qui n’ont d’autre foi que l’imposture, d’autre loi que l’épée par laquelle, grâce à Dieu et grâce aux amis du Mali dont vous-même Monsieur le Président, ils sont en train de périr, eux aussi. Aux aléas de l’aventure, ils ont jeté des centaines de milliers de nos compatriotes qui ne demandaient qu’à rester maliens, qui disent qu’ils ne veulent être que Maliens et qui pratiquaient, sans ostentation, leur religion. Pas cette religion récusable qui vénère le Dieu du narco-dollar mais la religion apaisante qui conduit au Dieu de l’amour, de la tolérance et de la non-violence. Parce que la bête en eux est plus forte que Dieu, ces envahisseurs avaient imposé leur charia obscure et répandu le sang sur sa route. Chaque mausolée de saint qu’ils pouvaient profaner, ils l’ont profané. Chaque lieu de culte millénaire qu’ils pouvaient démolir, ils l’ont démoli. Y compris à Tombouctou, surtout à Tombouctou, cité-phare d’une civilisation qui au-delà du Mali, a rayonné, à travers les siècles pour l’Afrique et pour le monde. Toute cette tragédie est maintenant en voie de se terminer et ce n’est pas sans vous. C’est grâce à votre pragmatisme, à votre attachement aux grands idéaux, à votre sang africain, au courage de vos soldats et à leur art de se battre que le Mali se relève écrivant avec vous, une des plus belles pages de la fraternité entre les hommes, entre les frères et les peuples. Le Mali a le sens de l’honneur, le Mali qui n’oublie jamais sa dette, le Mali qui ne mord jamais la main qui lui est tendue, vous dit merci et vous demande, Président de transmettre sa gratitude aux régions du grand Tchad :Batha Est ;Batha ouest ; Chari-Baguirmi, Hadjer-Lamis, Wadi -Fira, Borkou, Ennedi Est ;Ennedi ouest ; Tibesti, Guéra, Kanem, Lac ,Logone occidental, Logone oriental, Mandoul, Mayo-Kebbi Est, Mayo-kebbi Ouest, Moyen-chari, Ouaddai, Salamat, Sila, Tandjilé, N’Djaména. Le Mali n’est pas surpris par l’élan humaniste du pays qui est le berceau de l’humanité. Car n’oublions pas que c’est ici chez vous, dans l’erg dunaire du Djourab qu’en 2001,le travail pionnier d’un savant tchadien a permis de découvrir les ossements du premier homme, donc les premiers pas de la riche aventure humaine. Si à cet homme premier la science a donné le nom compliqué de Sahelanthropus Tchadensis, vous avez eu, Président Déby, l’heureuse inspiration, de le baptiser Toumaï ou « Espoir de vie » en langue Gorane. Comme cet espoir de réinsufflé aujourd’hui aux millions de Maliens qui m’ont chargé de venir vous dire toute leur gratitude. Mais nous avons encore à nous indigner ensemble et à agir ensemble pour faire barrière à la fourberie et au mépris de ceux qui crient à une guerre des puissances contre des musulmans sans défense. Il ne leur reste plus que ce cri de vierge effarouchée. Mais même ce cri, nous devons le leur refuser au nom de la culture de la paix contre celle de la désolation et au nom de la doctrine de la convivialité contre celle des larmes. Pourquoi s’élever contre une guerre juste ? Pourquoi s’élever contre une guerre contre le crime organisé ? Pourquoi fermer les yeux pendant de longs mois sur le meurtre et l’humiliation de musulmans ? Parce que la guerre n’est pas finie même si ensemble nous avons remporté de grandes batailles et parce que d’obscurs lobbies vont toujours tenter de faire de nous des bourreaux alors que nous sommes des victimes ; nous devons terminer ensemble ce que nous avons commencé. Mais déjà, pour ce que vous avez fait et ce que vous continuez de faire pour la dignité et l’unité reconquises du Mali, laissez-moi vous répéter, ici sur les bords du Logone, une formule que nous avons en partage car l’islam est facteur d’intégration plutôt que de division : Al barka ! Merci Président Déby ! Merci au grand peuple tchadien ! Merci à la grande armée tchadienne ! Que le Tout Puissant continue à nous inspirer et qu’il bénisse l’Afrique !

Par: Le 17/02/2013 00:00