SOMMET EXTRAORDINAIRE DE LA CEN-SAD

Clôturant le session extraordinaire de la conférence des chefs d'Etat et/ou de gouvernement de la CEN-SAD, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO, Président en exercice de la CEN SAD, déclare que les Africains ne peuvent se complaire dans cette incapacité à assurer leur propre sécurité, un demi-siècle après les indépendances Messieurs les Chefs d’Etat et Chers Frères, Messieurs les Premiers Ministres, Mesdames et Messieurs les Chefs de Délégations, Honorables Délégués, Distingués invités ; Au nom de tous les ressortissants de notre Communauté, je vous remercie d’avoir effectué le déplacement de N’Djaména pour la reforme et la relance de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens. Au terme de nos travaux, nous pouvons être fiers d’avoir atteint l’objectif que nous nous sommes fixés en 2010, à savoir la restructuration de notre organisation qui avait tendance à s’écarter du chemin que nous lui avons tracé à sa naissance. Notre rencontre d’aujourd’hui, précédée de celles de nos Ministres en charge des Affaires Etrangères et des Experts, marque en effet un nouveau départ pour la Cen-Sad, grâce à un Traité révisé et de nouvelles règles de gestion de ses structures et de ses ressources. Nous avons engagé l’Organisation dans une nouvelle dynamique avec l’institution de mécanismes permettant une gestion efficace des crises dans notre espace commun. Messieurs les Présidents et Chers frères, Mesdames et Messieurs, Notre Continent et en particulier la zone sahélo-saharienne, tend à devenir un repaire des groupes terroristes et des bandes de trafiquants qui y répandent la terreur et la désolation. Ils agissent comme le cancer en s’attaquant progressivement à toutes les parties de l’organisme. Cette gangrène terroriste a prospéré sur le terreau de la pauvreté de nos Etats, de la misère de certaines de nos populations et de la crédulité de notre jeunesse. Elle a également profité de la faiblesse des moyens de défense de nos Etats. Ces terroristes ont nourri un dessein funeste pour toute notre sous-région qui a failli se réaliser avec l’occupation d’une bonne partie du territoire malien. La prompte réaction de la France, suivie d’une mobilisation sans précédent de toute l’Afrique, a mis un terme à cette menace. Ce projet dangereux doit agir sur nous comme un déclic et nous faire prendre conscience de la faiblesse de nos Etats pris individuellement et de la précarité de nos moyens de lutte. Seuls, nous ne pouvons ni contenir, ni vaincre cette menace. Certes, nous devons une infinie reconnaissance à la France, mais nous ne pouvons nous complaire dans cette incapacité à assurer notre propre sécurité un demi-siècle après nos indépendances. Aussi, avons-nous l’impérieuse nécessité de mutualiser nos efforts pour faire face à tous les périls. Alors, nous serons moins vulnérables. En se dotant d’une structure en charge de la paix et de la sécurité, la Cen-Sad apporte une première réponse à cette lacune. Mais cette réponse ne doit pas être théorique ; il n’est plus question pour nous de créer des structures vides de sens, sans aucune prise sur nos réalités. Par conséquent, j’exhorte le Secrétariat Général à finaliser très rapidement les textes régissant ces structures que nous venons de créer, afin que nos Etats les mettent en Œuvre. J’invite ici le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine à nous apporter tout l’appui technique nécessaire. Je saisis l’occasion de sa présence parmi nous pour appeler à une mise en Œuvre rapide de toutes les décisions que nous avons prises à l’Union africaine pour rendre effectif et opérationnel la Force de Réaction rapide du Continent Bien entendu, cela n’est possible qu’avec le soutien politique, matériel et financier de tous les Etats africains. La crise que vient de vivre un de nos membres doit nous inciter à aller résolument dans cette direction. C’est une question de fierté africaine. Frères et sŒurs des pays membres de la Cen-Sad ; Les Tchadiens ont été très heureux et fiers de vous recevoir. Tout en vous réitérant mes remerciements pour votre participation à ce grand rendez vous de l’intégration africaine, je déclare close la Session Extraordinaire de Conférence des Chefs d’Etats et/ou de Gouvernement de la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens. Je vous remercie.

Par: Le 16/02/2013 00:00