LE DESENCLAVEMENT PAR LA ROUTE PRIORITE DU PRESIDENT IDRISS DEBY ITNO

A la cérémonie de lancement de bitumage des axes routiers Massakory-Moussoro ;Massakory - Ngouri -Bol et frontière Niger, le Chef de l’Etat IDRISS DEBY ITNO a appelé ses concitoyens à la vigilance face à la montée de l’intégrisme religieux dans le Sahel Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ; Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ; Mesdames et Messieurs les Présidents des Grandes Institutions ; Messieurs les Anciens Présidents ; Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ; Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales ; Messieurs les Gouverneurs des Régions du HadjerLamis, du Kanem, du Lac, du Barh El Gazel ; Mes Frères et SŒurs du HadjerLamis, du Kanem, du Lac et du Barh El Gazel ; Distingués invités ; Mesdames et Messieurs Je voudrais, avant tout propos, vous exprimer mes remerciements fraternels pour laccueil combien chaleureux que vous m’avez réservé et aussi pour votre forte mobilisation. Je lis sur votre visage votre fierté et votre joie de voir vos régions s’ouvrir être reliées à d’autres régions du pays et s’ouvrir sur l’extérieur. Votre réaction est légitime. Mais avant d’évoquer le désenclavement de vos régions, je voudrais vous entretenir sur un sujet d’actualité. En effet, comme vous le savez tous, j’ai pris la décision il y a quelques jours d’engager aux côtés des autres forces déployées au Mali, les troupes de l’armée tchadienne. En cette période toute particulière et en raison de l’opportunité qui m’est donnée de m’exprimer aujourd’hui devant vous, il me semble important de revenir un tant soit peusur le sens de notre engagementdans ce pays frère. Pourquoi en parler ici me diriez-vous certainement? Le parallèle avec le contexte militaro-sécuritaire et politique de l’heure est pourtant évident ? En effet, que représentent les efforts de tout un peuple ou de toute une nation pour améliorer son sort, pour se développer économiquement, si du jour au lendemainces efforts, souvent consentis au prix de lourds sacrifices, se retrouvent totalement annihilés par lavolonté seule nuisible, méprisable et obscurantiste d’un groupuscule d’individus ? Le Tchad, notre pays, vous le savez tous, revient d’assez loin. Pour avoir longtemps souffert des affres de la dictature et de nombreuses agressions extérieures - il est vrai de toute autre nature - nous savons mieux que quiconque que le combat que nous menons aujourd’hui au Mali est un combat pour la liberté et pour la démocratie, valeurs sacrées et inaliénables pour nos Etats. Le Tchad est à cet effet fier de contribuer au rétablissement de l’intégrité territoriale du Mali et de réaffirmer ici avec détermination et conviction que nous nous opposerons avec vigueur à toutes les tentatives de déstabilisation de notre sous-région. C’est la raison pour laquelle, en plus du nécessaire soutien moral que je vous demande à tous et à toutes de fournir à nos troupes engagées sur le terrain, j’en appelle à la vigilance des populations du HadjerLamis, du Kanem, du Barh El Ghazal et du Lac pour constituer un obstacle infranchissable à toutes les formes de fanatisme ou d’intégrisme religieux et pour rejeter de la façon la plus vigoureuse l’extrémisme d’où qu’il vienne. Cautionner ces pratiques d’un autre âge revient en effet à une régression de plusieurs siècles en arrière auquel il me paraît impossible d’assimiler les peuples qui constituent le Tchad d’aujourd’hui. Tolérer parmi nous la présence des fanatiques, des narcotrafiquants et des terroristes équivaut : - à accepter notre autodestruction ; - à avaliser un suicide collectif ; - à la destruction de notre patrimoine identitaire, culturel, historique ; - à la perte de nos valeurs laïques et républicaines ; - à la disparition de notre cher et beau pays, le Tchad pays de Toumaï. A moins de m’être trompé d’époque ou de pays, je doute que cela soit vos aspirations, populations du HadjerLamis, populations du Lac, populations du BarhEl Ghazal, populations du Kanem, peuple du Tchad. C’est pourquoi mes propos d’aujourd’hui sont avant tout un appel à la vigilance mais aussi un appel renouvelé à consolider la paix dans notre pays. J’espère que ces propos liminaires vous auront permis de mesurer l’importance de la stabilité politique comme fondement à la fois de la démocratie et du développement. Mesdames, Messieurs, J’ai pris l’engagement pour ce nouveau quinquennat de la Renaissance, de faire du Tchad une nation prospère et émergente. Vous vous souviendrez toutefois que bien avant ce mandat déjà, notre vision et nos actions étaient coordonnées et orientées dans cette perspective. C’est dans ce cadre que nous avons initié et réalisé de grands projets structurants au nombre desquels figurent, par exemple, la cimenterie de Baoré et la raffinerie de Djermaya, mais c’est également le cas des nombreuses infrastructures de base et des réalisations effectuées dans le domaine des routes. Le Ministre des Infrastructures ici présent vous donnera dans les détails le nombre de routes bitumées ou de kilomètres réalisés. Je voudrais, pour ma part, relever que les routes constituent un facteur essentiel pour le développement d’un pays, comme le nôtre, dépourvu de littoral. A cet effet, je me réjouis du lancement des routes Massakory-Ngouri-Bol-Bagasoula-frontière Niger ;Massakory-Moussoro et Ngouri-Mao pour lesquelles nous procédons aujourd’hui au premier coup de pioche, en ce qu’elles contribueront au renforcement du désenclavement intérieur et extérieur du Tchad et qu’elles s’intègrent parfaitement dans la stratégie du Gouvernement d’ouvrir notre pays sur l’extérieur. A cet effet, la route Massakory-Ngouri-Bol-Bagasoula-frontière Niger, qui vise la facilitation des transports entre N’Djaména et Niamey, donnera à notre pays un accès sur l’Ouest de l’Afrique, et lui offrira, en plus des échanges et du renforcement des brassages déjà existant entre les peuples frères de cette sous-région, l’opportunité de se raccorder sur les ports maritimes de Lomé au Togo et de Cotonou au Bénin, ainsi qu’à ceux situés au Nord de l’Afrique,aussi bien pour l’importation que l’exportation des marchandises. En outre, sur le plan purement interne, il est à relever que tous les tronçons concernés amélioreront incontestablement les conditions de transport terrestre entre les localités traversées du Kanem, du Lac et du Barh El Gazel et permettront l’évacuation vers la capitale et les autres villes du pays des produits de l’agriculture, de l’élevage et du commerce florissant dans ces contrées. Ces aspects seront nécessairement à prendre en considération dans l’optique d’un meilleur approvisionnement des marchés et de la réduction de la pauvreté. Vous l’aurez compris, à travers la réalisation de ces routes, les enjeux sont à la fois d’ordre géopolitiques, économiques et commerciaux, stratégiques. Mais, il convient aussi de relever que la réalisation de ces tronçons porte également une valeur historique qui mérite d’être rappelé. Le Sahara, vaste espace déserte, a servi de tout temps de trait d’union entre les peuples disséminés parfois sur plusieurs pays. La route Massakory-Bol-RigRig-Frontière Niger, longue de 446 km est une section du segment tchadien de la route Transafricaine dénommée «La Transsaharienne», dont l’objectif est de restaurer les liens séculaires entretenus durant des siècles par nos ancêtres.C’est dans ce but notamment que le Comité de Liaison de la Route Transsaharienne (CLRT);, a été mis en place au début des années 1960 par des hommes politiques africains clairvoyants. Ayant évolué à des vitesses différentes dans les différents pays qu’elle traverse, la transsaharienne n’a jamais cessé depuis lors de se construire.Notre pays, resté quelque peu en retard dans ce processus trouve donc aujourd’hui le moyen de se rattraper avec la construction du maillon constitué par la route Massakory-Ngouri-Bol-Frontière Niger, qui viendra compléter les 150 km déjà construits reliant N’Djaména àMassakory. C’est un défi de taille à relever. Je puis toutefois vous assurer que le Gouvernement s’est engagé à gagner le pari avec le concours de ses partenaires techniques et financiers au nombre desquels la BID, la BADEA, l’OPEP, le Fonds Koweitien, le Fonds Saoudien, la BDEAC et la BAD qui ont mobilisé des financements conséquents pour la réalisation du projet. Je leur en suis infiniment reconnaissant. Mesdames, Messieurs, Les projets des routes Massakory-Moussoro et Ngouri-Mao sont également d’une importance capitale dans la mesure où ils permettront d’accélérer l’exploitation des ouadisdont sont richementdotés les régions du Barh-El Gazal et du Kanem qui partagent en outre des frontières terrestres avec de nombreuses autres régions du Tchad que de pays voisins. En effet, nous savons que ces régions regorgent d’immenses potentialités tant dans le domaine agricole et pastoral que dans le domaine minier. J’en veux pour preuve l’approvisionnement régulier de N’Djaménaen dattes, oignons, citrons, et natron provenant de ces ouadis, malgré la très mauvaise qualité des routes. Par ailleurs, il n’est pas inutile de rappeler que le BarhEl Ghazal constitue une zone d’élevage par excellence. Le marché à bétail de Moussoro, qui compte à cet effet parmi les plus importants du pays, ravitaille aussi bien la Lybie, le Soudan, l’Egypte et la zone méridionale.Avec la mise en Œuvre de ces projets routiers, la production et la distribution de ces richesses s’en trouveront améliorées. Je voudrais, pour finir, en relevant que ces infrastructures routières constituent le point de départ d’un réseau routier bitumé qui desservira toute la région septentrionale du pays, remercier nos partenaires chinois, et notamment EXIMBANK CHINE pour leur engagement, une fois de plus, aux côtés de la République du Tchad pour la mobilisation des ressources financières nécessaires à la réalisation du tronçon Massakory-Moussoro. Je vous remercie

Par: Le 23/01/2013 00:00