LE PRESIDENT IDRISS DEBY ITNO A LA TRIBUNE DE LA CEDEAO

Dans la capitale ivoirienne, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO a invité l’Europe et les Etats-Unis D’Amérique à participer activement dans le combat contre le terrorisme Messieurs les Chefs d’Etat et Chers Frères ; Mesdames et Messieurs les Chefs de Délégation : Monsieur le Président de la Commission de la CEDEAO ; Mesdames et Messieurs les Ministres ; Messieurs les représentants Spéciaux du Secrétaire Général des Nations Unies et du Président de la Commission de lUnion Africaine ; Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques ; Distingués invités ; Mesdames et Messieurs Je voudrais remercier du fond du cŒur mon Frère le Président ALASSANE DRAMANE OUATTARA, Président de la République de Cote d’Ivoire et Président en exercice de la CEDEAO qui, en me conviant, donne l’occasion à mon pays de participer, pour la première fois de son histoire, à un sommet de cette communauté. Cette invitation est une grande marque de considération qui m’honore et honore le Tchad par-dessus tout ; de même qu’elle nous conforte dans le sentiment de proximité que nous avons avec l’Afrique de l’Ouest, ainsi que notre projet de faire partie, un jour, de l’espace CEDEAO. Malgré la gravité des circonstances qui nous réunissent aujourd’hui à Abidjan, je voudrais exprimer ma satisfaction de me retrouver aujourd’hui à vos côtés. Il est vrai que le Tchad fait partie du Groupe de Soutien et de Suivi sur la situation au Mali depuis le dernier sommet de l’Union Africaine. Dès lors, il n’a cessé de marquer un intérêt soutenu pour la situation qui prévaut dans ce pays frère. Messieurs les Chefs d’Etat et Chers Frères L’attention ainsi accordée à mon pays est l’expression de la reconnaissance de nos efforts inlassables pour instaurer ou maintenir la paix et la stabilité à l’intérieur de nos frontières, tout comme avec nos voisins ; la RCA en étant la dernière illustration. Cette reconnaissance induit aussi des responsabilités auxquelles nous sommes résolus à ne pas nous dérober. Nous l’avons assumé en prenant part à toutes les concertations organisées en vue de rechercher des solutions ; nous venons de le démontrer de façon plus emblématique en décidant d’envoyer un contingent militaire, et non des moindres, au Mali. Le Tchad qui a vécu les douloureuses expériences des agressions extérieures et de la quasi- occupation, connaît mieux que quiconque, le prix à payer pour le maintien de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale ; tout comme il connaît la valeur de la solidarité des pays frères et amis. Déployer des troupes au Mali relève de ce devoir de solidarité. Nous avons pris une telle décision en toute connaissance de cause des risques inhérents à une telle entreprise. Le Tchad est fier de prendre sa part à l’effort salutaire des Africains pour éradiquer le péril narcoterroriste et djihadiste qui était en train de s’enraciner au nord du Mali, et qui risquait de contaminer l’ensemble de la région sahélo-saharienne. Notre décision est fondée sur la conviction de participer à la défense d’une cause juste ; celle du sort du peuple frère du Mali pris en otage par une constellation mafieuse d’extrémiste sans foi ni loi ; celle aussi de la réaffirmation du principe cardinal de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation, tel que proclamé par l’Organisation de l’Unité Africaine, et repris par l’Union Africaine. Cette décision a été prise en concertation et avec le plein assentiment du Parlement et des différentes forces politiques, chacun ayant une claire conscience de la nécessité de prévenir le risque terroriste et djihadiste dont nul est à l’abri. Le Secrétaire Général des Nations Unies, le Président en exercice de l’Union Africaine et le Président en exercice de la CEDEAO en ont été informés. Il s’agit en effet de l’expression de notre attachement aux valeurs et objectifs fondant la société internationale et fixés tant dans la Charte des Nations Unies que dans celle de l’Union Africaine. Messieurs les Chefs d’Etat et Chers Frères ; Nous devons nous réjouir de la décision énergique et avisée du Président de la République Française qui a bousculé les agendas de la communauté internationale par sa prompte réaction devant la menace. L’Europe, les Etats-Unis ainsi que tous les pays épris de paix doivent se joindre massivement à l’action de la France. Il convient sans doute de rappeler que le Mali est plus proche de l’Europe que l’Afghanistan, et que si la crise malienne est la conséquence directe de celle de la Libye, une victoire éventuelle des narco-djihadistes au Mali produirait le même effet que celle des Talibans. En tout état de cause, je voudrais féliciter la CEDEAO pour les efforts qu’elle ne cesse de déployer depuis l’éclatement de la crise malienne. Je salue en particulier l’investissement personnel des Présidents BLAISE COMPAORE et GOODLUCK JOHNATAN qui ont exploré toutes les pistes, y compris celle d’un possible dialogue, avec les groupes qui y seraient disposés. Toutefois, le tournant actuel de la crise doit servir de catalyseur au processus de constitution des forces régionales, conformément aux dispositions pertinentes de la Charte de l’Union Africaine et de nos Communautés Régionales. Je ne saurais terminer mon propos sans prodiguer tous mes encouragements à l’ensemble des forces africaines présentes sur le champ de bataille et renouveler aux pays frères de la CEDEAO l’expression de la solidarité du Tchad et de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC);. Je vous remercie de votre aimable attention.

Par: Le 21/01/2013 00:00