Crise MALIENNE

MESSAGE de Son Excellence Monsieur le Président de la République à l’Assemblée Nationale sur la crise malienne lu par le Président de l'Assemblée Nationale Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ; Mesdames et Messieurs les Députés ; Conformément à l’Article 90 de la Constitution de notre pays, Je vous avais informé le 27 Décembre 2012 de l’évolution de la crise politique et sécuritaire en République Centrafricaine .Cette crise nécessitait l’implication de notre pays en tant qu’Etat membre et surtout pays assurant la présidence au Sommet de la Conférence des Chefs d’Etat de la Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC);. C’est avec un réel plaisir que je me dois de vous confirmer que l’engagement de notre pays et de l’ensemble de la Communauté a permis d’apporter un début de solution au drame centrafricain. La CEEAC a réussi à réunir les frères ennemis centrafricains et à les faire parvenir à une entente. La décrispation qui en résulte fait nourrir de légitimes espoirs pour l’avenir de ce pays voisin et frère. Naturellement l’entretien de ce nouveau climat a besoin d’un soutien de notre part. A cet égard l’Assemblée Nationale doit être informée pour que, en plus des cotisations statutaires qu’elle a déjà votées dans le cadre des lois de finances, elle soit en mesure d’autoriser de nouvelles dépenses pour les forces déployées en RCA. Dans tous les cas, la MICOPAX a été réorientée dans son action, pour passer d’une force d’interposition, à une mission d’appui général à la mise en Œuvre du consensus de Libreville. Cela nécessitera au moins un an de présence correspondant à la durée de la transition en RCA. Nous sommes là-bas avec des forces fournies par l’ensemble des Etats membres de la CEEAC. En clôturant le Sommet extraordinaire de Libreville, Nous n’avons pas perdu de vue les deux autres foyers de tension inquiétants que sont la République Démocratique du Congo et le Mali. Dans le cas particulier du Mali, le Tchad partage avec ce pays l’appartenance à la région sahélienne ainsi qu’à des organismes communs de coopération comme le Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS);, la Communauté des Etats Sahélo-Sahariens (CEN-SAD);, l’Autorité du Bassin du Niger (ABN);. Aujourd’hui, le Mali est dans les projecteurs de l’actualité avec l’engagement des opérations militaires de reconquête de la plus grande partie du territoire occupée par une rébellion armée menée par le MLNA et par des groupes terroristes que sont le MUJAO, ANSAR DINE et AQMI. Dès le déclenchement de cette crise il y a plus de neuf (9); mois, des sollicitations plus ou moins ouvertes ont été adressées au Tchad pour une intervention en faveur des autorités légales du Mali. L’attention accordée ainsi à notre pays est certes l’expression d’un signe de considération pour les efforts déployés en faveur de la paix et de la stabilité en Afrique, mais en même temps elle nous commande de faire preuve de beaucoup de responsabilités en tant que Nation située au cŒur du continent. Depuis le 11 Janvier 2013, des regards sont constamment tournés vers nous pour scruter le moindre signe de réaction de notre part par rapport au déclenchement, par la France, de l’Opération SERVAL, au Mali. Vous comprendrez, Mesdames et Messieurs les Députés que le Tchad ne pourrait continuer à garder le silence. Il ne peut se soustraire à son obligation de solidarité vis-à-vis du peuple malien. C’est la raison pour laquelle J’ai donné l’accord du Tchad à la demande des autorités françaises pour que la mission Epervier puisse être mobilisée au profit de l’opération SERVAL à partir de notre territoire. En outre, Nous avons pris la décision de déployer sur le sol malien un contingent de l’Armée Nationale Tchadienne pour soutenir les efforts de la communauté internationale en vue de la restauration de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République du Mali. Nous avons ainsi agi conformément à la résolution 2085 du 20 Décembre 2012 du Conseil de Sécurité des Nations Unies autorisant le déploiement de la Mission Internationale de Soutien au Mali (MISMA);, aux appels de l’Union Africaine et à la demande expresse en date du 14 Janvier 2013 du Président de la République du Mali. A la Représentation Nationale, Je me dois de faire noter que nous ne sommes pas en guerre contre un pays étranger. Si nous devons sortir de nos frontières, c’est pour participer à la défense d’une cause juste. Cette cause juste, c’est aujourd’hui le sort du peuple frère malien pris en otage par les extrémistes sans foi ni loi. Cette cause juste, c’est aussi l’affirmation de l’intangibilité des frontières héritées de la colonisation que l’OUA d’abord puis l’Union Africaine ont érigé en principes cardinaux dans la gestion des conflits en Afrique. Cette cause juste, c’est enfin notre responsabilité en tant qu’Etat membre de l’Organisation des Nations Unies de remplir les obligations édictées par cette instance. Dans le cas du Mali, l’ONU a résolu d’en extirper les extrémistes et de rétablir l’intégrité et la souveraineté de l’Etat. A la Représentation Nationale de notre peuple, ce message de vérité mérite d’être délivré en toute priorité, et Je ne me fais pas d’illusion que vous saurez nous comprendre et nous appuyer dans la gestion de cette crise qui affecte un pays frère victime de la barbarie et de l’obscurantisme. Je vous remercie pour votre attention.

Par: Le 16/01/2013 00:00



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  • La Conférence des Ambassadeurs édition 2019, a lieu à N’Djaména. Les Assises sont placées sous le thème : « renforcement de l’outil diplomatique face aux défis sécuritaires et de développement durable ». La cérémonie d’ouverture est présidée par le Chef de l’Etat IDRISS DEBY ITNO.