La 22ème Journée de la Liberté et de la Démocratie célébrée à Biltine

«Aujourd’hui, nous jouissons de la paix et de la stabilité retrouvées, cette paix et cette stabilité dont nous avions été privés pendant quarante ans. Nous devons être très jaloux de cette paix retrouvée. Nous devons resserrer les rangs et exploiter toutes les opportunités que ce nouveau climat nous offre.» Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ; Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ; Mesdames et Messieurs les Présidents des Grandes Institutions de la République ; Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales ; Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ; Mesdames et Messieurs les Députés ; Mesdames et Messieurs les Secrétaires Généraux et Présidents des Partis Politiques et Associations de la Société Civile ; Monsieur le Gouverneur du Wadi-Fira ; Monsieur le Maire de Biltine ; Monsieur le Président du Comité d’Organisation ; Dignitaires religieux, autorités traditionnelles et Coutumières ; Mesdames, Messieurs ; Populations de Biltine et de la Région du Wadi-Fira ; Mes Chers Compatriotes Ma joie est immense et mon affection est profonde de me trouver aujourd’hui à Biltine, Chef lieu de la Région du WadiFira, deuxième bastion de la résistance contre la dictature. Le hasard de mon agenda fait que c’est la troisième fois en moins de trois mois que l’occasion m’est offerte de communier avec vous, dans cette partie du pays. Hier à WadiDjedid, avant hier à Kalaït, c’est dans ce périmètre de moins de 300 kilomètres que je me retrouve aujourd’hui pour célébrer cette journée mémorable inscrite en lettre d’or dans l’histoire de la lutte du peuple tchadien pour la Liberté et la Démocratie. Le souvenir de cette date du 1er Décembre 1990 est encore vivace dans nos esprits. Nous ne devons pas oublier tous les patriotes qui ont donné le meilleur d’eux mêmes, jusqu’au sacrifice suprême pour que nous gouttions aujourd’hui aux fruits de la Liberté et de la Démocratie. En leur mémoire, je vous demande d’observer une minute de silence Mes Frères et SŒurs de Biltine et WadiFira Il y a dix huit ans, à l’occasion de la commémoration de la quatrième Journée de la Liberté et de la Démocratie, vous avez accueilli vos compatriotes dans la joie et dans l’allégresse. C’est la preuve de votre hospitalité légendaire et aussi un indicateur qui fait de votre région, un carrefour de rencontre entre les hommes, une cité d’ouverture et une porte de sortie vers le Soudan à l’est et la Libye au nord. Aujourd’hui encore, vous avez ouvert vos portes à vos frères et sŒurs venus d’autres régions du pays pour partager ensemble les bienfaits de la Liberté et de la Démocratie. Cette liberté et cette démocratie dont vous connaissez le prix pour avoir été le fer de lance de la lutte pour sa conquête. Les valeureux enfants de cette région y ont payé de leurs vies. En outre, les populations de WadiFiracomme celles d’autres régions ont souffert des agressions extérieures et de nombreuses rébellions qu’a connues le Tchad. Mais en dépit de toutes ces dures épreuves vous avez su conserver votre identité et votre loyauté aux institutions démocratiques de votre pays que vous aimez tant. La population de Wadi-Fira dans sa diversité culturelle reste très unie et très attachée aux valeurs de la paix, de la cohabitation pacifique et de la concorde nationale. Biltine, le chef lieu de votre région est une ville cosmopolite où toutes les communautés tchadiennes y vivent en parfaite harmonie. Vous êtes une population agropastorale, travailleuse, malgré l’hostilité de l’environnement. Je vous encourage à persévérer, car c’est votre richesse et je vous promets que le Gouvernement vous soutiendra dans le cadre de notre politique pourla souveraineté alimentaire. Mes frères et sŒurs de Wadi-Fira, à travers vous je m’adresse à tous mes compatriotes. Je vous invite à inscrire nos enfants à l’école et surtout les filles. Vous aurez ainsi rendu service aux générations futures. J’insiste sur la scolarisation de nos enfants. C’est par la scolarisation et la formation de nos ressources humaines que nous réussirons de relever le pari de l’émergence. Mes Chers Compatriotes Nous célébrons aujourd’hui la 22éme fête du 1er Décembre dans un contexte particulièrement riche et prometteur. D’abord, c’est la deuxième année de la Renaissance du Tchad dont je vous demandais de partager le rêve avec moi à Ati. En me renouvelant votre confiance à la magistrature suprême le 08 aout 2011, vous vous êtes appropriés ce challenge que j’ai entendu relever à travers la promotion du monde rural. Enfin, notre parti, le mouvement Patriotique du Salut, précurseur et gardien de la Liberté et de la Démocratie et ses alliés se sont imposés tout naturellement sur la scène nationale en obtenant de très bons scores à toutes les élections organisées dans le cadre de l’Accord du 13 Août 2007, dont je suis le garant. Le 5éme Congrès que nous avons organisé du 19 au 21 octobre 2012 a parachevé l’ancrage de notre lutte dans la RENAISSANCE huilée par la sociale démocratie, notre credo politique. Avec les nouveaux instruments de pilotage mis en place par le Congrès et surtout la claire répartition des responsabilités entre le sommet et la base, nous avons affiné notre marche vers le progrès et le bonheur du peuple tchadien. C’est le lieu de remercier tous les camarades qui ont bravé la faim, la soif et les privations pour se mettre résolument au service de notre peuple à travers l’animation du Parti. Aujourd’hui, nous jouissons de la paix et de la stabilité retrouvées, cette paix et cette stabilité dont nous avions été privés pendant quarante ans. Nous devons être très jaloux de cette paix retrouvée. Nous devons resserrer les rangs et exploiter toutes les opportunités que ce nouveau climat nous offre. Monsieur le Premier ministre ; Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ; Mesdames et Messieurs les Présidents des Grandes institutions ; Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ; Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales et Non gouvernementales ; Distingués invités ; Mes chers compatriotes Un anniversaire est une occasion de bilan. J’ai hésité d’y souscrire car nous devons agir et laisser les autres nous apprécier. Je me permets néanmoins de relever que nous avons tous les atouts aujourd’hui pour offrir désormais le bonheur à nos compatriotes. La paix retrouvée, la crédibilité de notre pays sur la scène africaine et mondiale, l’accès aux ressources de notre sous-sol, le dynamisme de nos opérateurs économiques, voilà autant des sujets d’espoir pour une nation jeune, enclavée et pleine d’ambition. Avec ces atouts, je vous invite à hâter la marche vers le pays émergent que nous devons constituer d’ici l’horizon 2020. Mes chers compatriotes ; Distingués invités ; Mesdames et Messieurs L’Etat émergent est notre principale cible, et tous nos efforts doivent tendre vers sa réalisation. La première des conditions de l’émergence, c’est la préservation de la paix chèrement acquise. Nous sommes en paix depuis 2009. Aujourd’hui, la sécurité règne, pour la première fois depuis 1963, sur l’ensemble du territoire national. Nos vaillantes forces de défense et de sécurité restructurées et imprégnées de la discipline républicaine sont capables d’assumer leur mission régalienne. En votre nom à vous tous, je leur exprime la reconnaissance de la Nation Tchadienne. L’émergence du Tchad est possible avec la claire idée que nous avons, en force politique, des responsabilités confiées par le peuple tchadien. Nous ne transigeons jamais avec l’indépendance du Tchad, sa souveraineté et sa liberté. C’est ce qui nous fait souvent apparaître comme un têtu et un intraitable. Mais, croyez-moi, mes chers compatriotes, nous avons trop payé le prix de la légèreté et du laxisme pour nous distraire par les facilités qu’offriraient la paix et la démocratie. Demeurer vigilants est notre leitmotiv cardinal. C’est pourquoi, il nous a fallu engager une lutte sans merci contre toutes les indélicatesses qui ont pour noms corruption, goût effréné du luxe, tribalisme. Nous ne devons rougir lorsque certaines de nos performances ne sont pas bonnes. A titre d’exemple, j’ai décrété la Renaissance de l’école tchadienne mais j’ai eu comme l’impression que l’on ne m’a pas du tout compris. Les mesures drastiques reprises contre les partisans du moindre effort à la dernière session du baccalauréat est un signal rouge que j’envoie à tous les médiocres. L’école de la république doit retrouver ses lettres de noblesse et être au service personnel des élèves. Aux autorités en charge de l’école, j’exige des performances et une remise en cause de soi pour plus de bons résultats. Je ne perds pas de vue que le niveau de développement atteint par l’école appelle de nouvelles méthodes de gestion. Dans tous les cas, ces méthodes nouvelles sont intimement liées à notre capacité à faire intervenir tous partenaires autour de l’école : les parents d’élèves qui doivent être en première ligne ; les partenaires syndicaux qui leur feront face et nous prenons notre part par la mise à disposition des moyens de travail toujours croissants. S’agissant toujours de l’éducation, il sera ouvert à compter de année prochaine un centre de formation professionnelle destiné aux arts et métiers dans chaque chef lieu de région. Les centres seront ouverts aux tchadiens des deux sexes. Ils recevront des formations en adéquation avec notre vision de développement économique et sociale mais aussi aux besoins des entreprises. Cette catégorie de métier fait cruellement défaut sur le marché de l’emploi. Personne ne me fera enlever l’idée que tout développement passe par la capacité des Hommes à agir sur leur destin et cela est possible avec un système performant. Je saisis cette occasion pour féliciter les Associations des Parents d’Elèves et les Syndicats d’Enseignants qui coopèrent avec nous dans la loyauté et le respect de la parole donnée. Nous souhaitons une telle coopération au niveau de la santé pour laquelle nous accordons une priorité absolue. C’est ainsi que pour le budget 2013, nous avons consacré 20% pour la promotion de la santé. Malheureusement, ce n’est pas le cas avec le syndicat du personnel de la santé et des affaires sociales. Nous voulons sa contribution dans notre combat pour la réduction de la mortalité maternelle et infantile.A cet effet, j’invite le personnel à une prise conscience et à plus de responsabilité. Je dis aux syndicats de la santé qu’au-delà des revendications matérielles, de regarder d’abord les patients surtout les femmes qui donnent la vie. Est-il normal de sacrifier son prochain sur l’autel des revendications salariales ? Pour quel intérêt ? Rien, absolument rien ne justifie cette attitude, ce comportement cynique du syndicat. Je vous adjure que le Tchad avance et rien ne sera plus comme avant. L’émergence du Tchad pour laquelle j’invite l’ensemble du pays à se battre pour, c’est une gestion politique reposant sur la primauté du dialogue. Nous devons au dialogue l’essentiel des retombées positives que l’on envie aujourd’hui. C’est pourquoi, je réitère ma disponibilité de voir les acteurs politiques quitter rapidement le banc des surenchères stériles pour nous rejoindre dans la proposition d’un cadre qui leur permet d’échanger sur la nation. Bien entendu, la démocratie, c’est la majorité qui gouverne et l’opposition qui s’oppose. Nous avons fait l’expérience ici, que notre force, c’est avant tout, notre capacité à nous écouter et à communiquer au-delà des clivages politiques.Pour illustrer notre disponibilité au dialogue et notre volonté d’assurer la transparence, je vous annonce que le gouvernement est entrain de préparer le recensement biométrique en vue de l’organisation des élections régionales et départementales en 2014. L’émergence du Tchad ne sera possible que si nous nous donnons les moyens de sortir de l’obstacle de l’enclavement du pays. Sur ce point, nous sommes condamnés à avoir des bons rapports de voisinage avec les pays qui ont une façade maritime et que je remercie ici pour l’excellence de ces rapports dans le passé. Cela nous apermis d’avoir un ouvrage multi-centenaire qu’est le pipe line à hydrocarbures Doba -Kribi. Aussi, je profite de l’occasion que m’offre la commémoration de la 22éme Journée de la Liberté et de la Démocratie, pour rendre un vibrant hommage à mon frère et ami, le Président PAUL BIYA du Cameroun. C’est un bel exemple de coopération entre les pays du sud et d’intégration africaine. Dans ce registre, je tiens à exprimer au nom du peuple tchadien mes sincères remerciements à la communauté de nos partenaires qui nous ont toujours accompagné dans notre politique de modernisation de notre pays et du bien-être des populations tchadiennes. Aussi, je voudrais les inviter à continuer à nous faire confiance en répondant toujours promptement à notre appel, surtout que nous avons de vaste programme de développement économique et social. Ce soutien des partenaires nous sera d’un apport important pour la réalisation de notre projet de rattacher l’Océan Atlantique à l’Océan Indien par le Chemin de Fer. Comme nous avons su conduire le projet pétrole, nous devons nous donner les moyens de construire cette nouvelle voie de communication stratégique. Nous poursuivrons nos efforts de désenclavement intérieur par la construction des routes aux normes internationales et sures. Ainsi, nous avons au programme de l’année 2013, les constructions des routes bitumées Abéché- Biltine- Iriba ; Abéché-Gozbeïda ; Salamat- Kyabé Sarh- Sido et enfin l’axe Massakory- Bol. Ce programme de désenclavement intérieur du pays vise à rapprocher les Tchadiens et à faciliter l’écoulement des productions agricoles et industrielles. La promotion de l’énergie verte dans nos villes et dans le monde rural reste l’un des points forts de notre programme ambitieux que nous comptons réaliser au cours de ce quinquennat. Je demeure convaincu que l’émergence du Tchad viendra du monde rural. L’émergence enfin, c’est la souveraineté alimentaire. Nous devons bien entendu mettre nos populations à l’abri des famines, de la faim et du huitième mois. C’est dans ce cadre que le Programme national de sécurité alimentaire continuera l’aménagement des parcelles qui permettront la production toute l’année. Aussi, il nous faut dépasser cette étape de la nourriture pour nous inscrire dans une dynamique de transformation des produits de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. C’est dans cet esprit que j’ai instruit le Gouvernement pour que la forme de vie spécifique qu’est le nomadisme fasse l’objet d’un traitement particulier. La Fête nationale de la transhumance que j’ai instituée constitue, de ce fait, un véritable lieu de contact entre les nomades eux-mêmes et les nomades et leurs compatriotes agriculteurs. Les problèmes spécifiques liés à cette forme de vie doivent être bien repérés, analysés et traités avec des solutions adéquates. S’il nous faut transformer les éleveurs nomades en semi-sédentaires, nous devons le faire car les mouvements de ces compatriotes-là sont dictés par les contraintes de la subsistance de leurs animaux ; des forages, des retenues d’eau, des couloirs de passage avec toutes les infrastructures d’accueil des animaux, des marchés pour les échanges, et même les cités semi-urbaines, voilà autant des réalisations que le Gouvernement mettra en place pour transformer la vie des nomades. Je ne le répèterai jamais assez, j’encourage et je tiens à la cohabitation pacifique entre les agriculteurs et les éleveurs. Pour moi, l’agriculteur et l’éleveur sont des frères jumeaux. Il ne faut pas pour des raisons obscures et politiciennes les opposer. L’administration doit plutôt s’investir pour une cohabitation parfaite entre ces deux communautés qui sont les principales forces de production de notre pays. Mes chers Compatriotes A la faveur de la paix retrouvée, le Tchad est devenu un vaste chantier. Des investissements importants seront faits pour la promotion de notre vie, alors, j’en appelle à un changement de comportement dans le sens de faire de notre pays, un Etat riche, performant et puissant. Vive la Solidarité nationale ; Vive la Journée de la Liberté et de la Démocratie ; Vive le Tchad Eternel ; Je vous remercie.

Par: Le 19/12/2012 00:00