DISCOURS DU CHEF DE L’ETAT A L’OUVERTURE DE LA CIB

DISCOURS DU CHEF DE L’ETAT A L’OUVERTURE DE LA CIB

-    Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;

-    Messieurs les Présidents des Grandes Institutions de la République du Tchad ;

-    Messieurs les anciens Premiers Ministres ;

-    Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ;

-    Mesdames, Messieurs les Ambassadeurs et Représentants  des Organisations internationales ;

-    Monsieur le Président de la Conférence Internationale des Barreaux ;

-    Monsieur le Bâtonnier de l’Ordre des Avocats du Tchad ;

-    Mesdames et Mesdames les avocats ;

-    Distingués invités, tout protocole observé ;

-    Mesdames et Messieurs ;

Je voudrais, à l’entame de mes propos, souhaiter la cordiale bienvenue en terre tchadienne, à tous les participants venus des quatre coins du monde, pour partager leurs expériences dans le cadre du 34ème Congrès de la Conférence Internationale des Barreaux de Tradition Juridique Commune qui se tient à N’Djamena.

Mon pays, le Tchad, est fier et honoré d’accueillir ce parterre prestigieux d’éminentes personnalités issues des différents barreaux de par le monde.

Je me réjouis particulièrement de la tenue de ces assises ici à N’Djamena, pour une multitude des raisons dont deux me paraissent fondamentales :

La première raison est que mon pays et les avocats tchadiens ont certainement besoin de ce cadre d’échanges de très haut standing, pour s’imprégner des meilleures pratiques et expériences de leurs confrères d’autres pays.

Depuis l’instauration de la démocratie au Tchad, la profession d’avocat quasi-inexistante en 1990 s’est progressivement imposée dans notre paysage judiciaire et économique, comme en témoigne le nombre croissant des jeunes tchadiens faisant le choix de ce noble métier.

La seconde raison de ma satisfaction réside dans le choix du thème central de vos assises, à savoir : « Avocat, justice et sécurité en temps de crise ».

Ce thème est non seulement un sujet d’actualité au vu des événements que vivent nos pays, mais il soulève en filigrane, l’équation du respect du Droit et des droits dans un contexte de gestion de péril sécuritaire multiforme.

Cette problématique touchant aux conditions de conciliation du Droit et de la Justice d’une part, et des impératifs sécuritaires d’autre part, ne se pose pas spécifiquement au Tchad ou dans les pays du sud du Sahara.

En effet, assurer la sécurité des citoyens sans sacrifier les droits de ces mêmes citoyens sur l’autel du tout sécuritaire est devenu un véritable casse-tête à la fois juridique, philosophique et pratique, dans nos sociétés modernes, durement frappées par un terrorisme aveugle dont les amateurs ne connaissent ni foi, ni loi.

Distingués invités ; Mesdames, Messieurs ;

Dans ce grand écart entre Droit et Sécurité, l’avocat joue la partition la plus honorable, car c’est lui qui veille à ce que la soif de justice, aussi légitime soit-elle, ne l’emporte sur l’honneur de la justice.

C’est l’avocat également qui tire sur la sonnette d’alarme lorsque la raison d’État tend à prendre le pas sur l’état de droit, dans un contexte où les tentations sont grandes face à des menaces insaisissables et des drames insupportables.

Autrement dit, l’avocat, dans sa robe d’ange gardien des valeurs immanentes à l’homme, est souvent le seul à s’élever au milieu des sociétés parfois profondément meurtries, pour nous rappeler très justement à cette Raison dont nous sommes dotés et qui nous distingue des autres êtres.

Ce rôle à la fois difficile et prestigieux de l’avocat est rendu encore plus ardu avec l’expansion du terrorisme et son lot de victimes innocentes et d’émotions collectives parfois débordantes.

Dans les prétoires ou face aux médias, souvent seul l’avocat résiste à la fureur populaire, pour empêcher que l’atrocité d’un acte ne se traduise par la négation de l’homme.

En cela, Mesdames et Messieurs les avocats, vous exercez un métier qui est essentiellement au service de la dignité humaine. Je vous en félicite.

Je vous en félicite d’autant plus que votre profession a évolué dans les sillages de la modernisation de la société sans perdre cette âme qui la distingue.

Mesdames et Messieurs,

Le pertinent sujet de réflexion de ce 34ème Congrès a une portée certes quasi-universelle, mais il se pose en des termes différents suivant les spécificités de chaque pays.

Pour ce qui concerne mon pays le Tchad, malgré la jeunesse de notre démocratie et la persistance des crises multidimensionnelles, nos convictions et nos options politiques n’ont jamais souffert de la dureté des menaces sécuritaires auxquelles nous faisons face.

À la barbarie des terroristes nous avons toujours opposé notre intarissable détermination perchée sur la force du droit et le courage de notre peuple.

Dans le strict respect de la répartition des rôles préalablement définie, nos institutions affrontent toutes les situations de crise dans un cadre juridique au diapason des standards internationaux.

Les magistrats et les avocats ainsi que tous les autres acteurs judiciaires occupent une place centrale dans notre dispositif de lutte contre toutes les formes de menaces sécuritaires.

La tenue de ce 34ème Congrès de la Conférence Internationale des Barreaux m’offre l’occasion de réaffirmer mon engagement constant à renforcer les conditions d’exercice du métier d’avocat dans tout notre système institutionnel.

Mesdames et Messieurs les avocats des barreaux du Tchad ;

Vous jouez un rôle essentiel dans le devenir de notre pays. Ce rôle n’est pas confiné uniquement dans les tribunaux, car l’avocat moderne est à la fois un acteur économique, un défenseur des libertés, un observateur social, un citoyen modèle et un veilleur de conscience.

En raison de cette place si particulière que vous occupez au sein de la société, les pouvoirs publics vous ont toujours garanti la plus totale liberté dans l’exercice de votre profession, car jamais un avocat n’a été inquiété pour des actes posés dans le cadre de son métier.

La protection que l’État vous doit dans l’exercice de votre profession est permanente, en ce sens qu’elle ne saurait être intermittente au gré des évènements.

En temps de paix comme en temps de crise, la loi et les droits de chaque acteur doivent être intégralement respectés.

Chers avocats ;

Le progrès de notre pays et le bien-être de notre peuple doivent se faire avec votre participation active. Pour cela, l’exemplarité, le respect strict de l’éthique et de la déontologie, le patriotisme et le sens de l’intérêt général doivent guider toutes vos actions.

Je vous exhorte à tirer le plus grand profit de cette rencontre qui réunit le gradin mondial de votre profession commune.

Mesdames et Messieurs les participants ;

Je ne doute point que les conclusions qui sortiront de ces assises serviront de précieuses références à tous les démocrates, confrontés à des crises sécuritaires mais fermement attachés aux idéaux de liberté et de justice.

Le champ de prospection qu’offre votre thème de réflexion est très vaste, dans la mesure où les notions de justice, de sécurité ou de crises peuvent recouvrir des significations intellectuelles et des réalités physiques diverses et variées.

Malgré la similitude des pratiques et des concepts juridiques des États membres de la Conférence Internationale des Barreaux, nos pays respectifs conservent certaines singularités propres.

Ces singularités peuvent être sociologiques, culturelles, historiques, socioéconomiques ou institutionnelles.

Toutefois, la justice et la sécurité sont des droits fondamentaux, et des besoins vitaux et permanents auxquels aspirent les citoyens de toutes les nationalités.

Je reste convaincu que l’ensemble de ces axes d’approche de votre thème de réflexion n’échapperont pas à votre analyse.

Sur ce, tout en vous souhaitant des fructueux travaux, je déclare ouvert, le 34ème congrès de la Conférence Internationale des Barreaux de tradition juridique commune de N’Djamena.

Je vous remercie de votre aimable attention.




 



Par: DGCOM Le 04/12/2019 19:46