ALLOCUTION DU CHEF DE L’ÉTAT À L’OCCASION DE LA JOURNE DE PRIERE POUR LA PAIX

 ALLOCUTION DU CHEF DE L’ÉTAT À L’OCCASION DE LA JOURNE DE PRIERE POUR LA PAIX

   Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ;

-    Monsieur le Président du Conseil Supérieur des Affaires islamiques ;

-    Monsieur le Président de la Conférence épiscopale du Tchad ;

-    Monsieur le Secrétaire Général de l’Entente des Églises et Missions Évangéliques du Tchad ;

-    Distingués invités, tout protocole considéré ;

-    Chers fidèles des différentes confessions religieuses ;

-    Mesdames, Messieurs ;

Depuis plus d’une décennie, cette journée nationale de prière interconfessionnelle pour la paix, la cohabitation pacifique et la concorde nationale est devenue un incontournable exercice, à la fois spirituel et républicain, pour la vie de notre chère patrie.

Outre sa forte charge symbolique, cette Journée s’est en effet transformée en un rendez-vous national annuel qui unit les tchadiens par delà leurs croyances religieuses et leurs convictions politiques respectives.

Je voudrais d’emblée, au nom de toute la Nation Tchadienne, adresser mes chaleureuses félicitations et mes sincères remerciements aux leaders des trois confessions religieuses, pour leur dévouement et leurs actions hautement patriotiques au service de l’unité de notre peuple.

Il ne fait aucun doute que ces leaders religieux jouent un rôle prépondérant dans la grâce qui enveloppe actuellement notre pays au milieu d’un environnement sous régional en ébullition. Si le Tchad compte aujourd’hui parmi les nations qui respirent la paix et la stabilité, une partie du mérite vous incombe, mes chers frères Hommes de Dieu.

En effet, jour et nuit, vous assumez votre rôle d’éducateur à la vie citoyenne.

Je sais combien vos séances de prêches et de sensibilisation contribuent à construire et à maintenir cette entente fraternelle entre les Tchadiens.
Chers frères et sœurs ;

La paix est d’abord une affaire de cœur et de tolérance mutuelle avant d’être un objet politique. En d’autres termes, la paix se construit d’abord dans les ténèbres des cœurs des hommes avant de se vivre dans la lumière du réel.

En ce sens, la solidarité et le respect mutuel que se vouent nos leaders religieux ne sauraient laisser indifférents nos compatriotes de tous les horizons.

En ma qualité de Père de la Nation, je vous avoue que rien ne m’offre plus de satisfactions et d’espérances pour ce pays, que de voir ces leaders agir main dans la main pour semer leurs sages paroles dans les cœurs de leurs fidèles respectifs.

Nos leaders religieux ont joué et continuent de jouer pleinement leur rôle d’apôtre de la paix et de disciple de la fraternité. 

Je demande à chacun de nous de s’approprier le message de la paix et du vivre-ensemble. Si nos responsables religieux donnent le ton, c’est à nous de suivre la dynamique pour que la symphonie de la concorde nationale soit harmonieuse.

Mesdames, Messieurs ;

Notre Nation est encore jeune. Notre Nation est encore vulnérable. Notre Nation est encore fragile. C’est la raison pour laquelle, tous les tchadiens doivent trouver l’inspiration dans l’état d’esprit exemplaire de nos leaders religieux pour consolider les fondations de notre Nation.

Messieurs les leaders religieux et tous vos collaborateurs, je vous dis BRAVO et je vous encourage à poursuivre cette œuvre salvatrice sur laquelle se bâtit le développement socio-économique d’un pays. Vous avez mon soutien et pour toujours.

Mes chers frères Oulémas, Prêtres et Pasteurs,

Mes chers frères et sœurs,

En plaçant cette édition de la Journée nationale de prière pour la paix sous le thème « promouvoir les fondements religieux communs pour la cohabitation pacifique », vous avez vu juste.

Vous avez vu juste, car les premiers fondements communs de toutes les religions, ce sont la tolérance et l’amour de l’autre, lesquelles constituent des vecteurs puissants d’une cohabitation sociale apaisée.

Dans tous les livres de toutes les religions, Dieu n’a jamais commandé la haine ; Dieu n’a jamais fait l’apologie de la division ; Dieu n’a jamais vanté les actes qui nuisent à son prochain ; Dieu n’a jamais prescrit de trahir son pays.

Dieu est miséricorde ; Dieu est bonté ; Dieu est l’opposé de toute action destructrice d’une société. Ce sont là des fondements communs à toutes les obédiences religieuses, et que nous devons cultiver quotidiennement pour chasser le plus loin possible les démons de la désunion.

Vous l’avez compris, la religion n’est jamais dangereuse dans son essence originelle. Elle ne devient dangereuse que lorsqu’elle s’éloigne de sa source divine et qu’elle verse dans la vilénie humaine.

Chers frères et sœurs ;

Les menaces et les défis qui se présentent à notre pays sont si nombreux et si diversifiés que nous ne pouvons nous permettre le luxe d’aggraver la situation par des attitudes individuelles susceptibles de disloquer le pacte républicain.

Les récents conflits intercommunautaires ont fait ressurgir les souvenirs douloureux des années sombres que nous avons connues. La réaction énergique du Gouvernement a permis de ramener le calme dans les provinces affectées par les affrontements meurtriers d’un autre âge.

Toutefois, la vigilance et la mobilisation de tous doivent être maintenues à un haut degré, afin d’endiguer définitivement ces phénomènes qui risquent de faire imploser la concorde nationale.

La paix est l’atout le plus précieux qu’une société d’hommes peut espérer pour son devenir.

Mais l’homme est ce qu’il est ; il ne prend véritablement conscience de la valeur de la paix et de la stabilité que lorsqu’il est confronté aux désastreuses conséquences d’une rupture de cette paix.

Personne, je dis bien personne, ne peut tirer profit du contraire de la paix.

Le contraire de la paix, c’est la guerre, c’est la violence, c’est l’insécurité. Le contraire de la paix, c’est l’effondrement de l’État, c’est la vendetta, c’est l’anarchie.

Nous, Tchadiens, avons vécu toutes ces affres pendant plusieurs décennies.

Plus que tout autre peuple, nous savons que la paix profite à tous et que la violence incontrôlée est une épreuve qui ne fait pas de distinction.

De plus, ce qui se passe autour de nous dans des pays autrefois stables doit, s’il en est besoin, nous conforter dans l’obsession de sauvegarder coûte que coûte la paix, en consentant tous les sacrifices imaginables.

Chers frères et sœurs ;

La menace terroriste, l’instabilité à toutes nos frontières, le repli communautaire, les dangereuses manipulations politiciennes, le tribalisme et la haine numériques : ce sont autant des facteurs potentiellement susceptibles de provoquer la rupture de l’harmonie sociale qui règne dans notre pays.

C’est pourquoi, chaque citoyen doit se sentir engagé par toute initiative dont la finalité est de contribuer à la préservation de la paix.

À ce titre, nous savons pertinemment que la communication et la sensibilisation sont des fondamentaux à privilégier si l’on veut amener les populations à changer de comportement et à s’inscrire dans un mouvement d’ensemble harmonieux. 

Il est évident que le l’impact de la communication sur le vivre-ensemble, la cohésion sociale et le dialogue fraternel, dépend du niveau de mobilisation et d’implication non exclusivement des organisations religieuses, mais de l’ensemble des forces vives de la Nation.

C’est en entrainant toutes les composantes de la Nation dans la campagne de sensibilisation que l’on pourra multiplier les dividendes de la conscientisation des populations sur les enjeux majeurs de la concorde nationale.

Mesdames, Messieurs ;

Le Gouvernement use et continuera d’user de tous les leviers régaliens dont il dispose pour garantir la sécurité et la quiétude des Tchadiens et des Tchadiennes.

Vous pouvez être certains que le Gouvernement ne sera pas pris à dépourvu sur son obligation à créer toutes les conditions pour que le Tchadien se sente en sécurité chez lui.

Le Gouvernement continuera d’agir avec la plus grande efficacité pour que la paix continue de régner, par la grâce de Dieu, sur l’ensemble de nos 1 284 000 Km2.

Ainsi, le Gouvernement poursuivra son accompagnement de toutes les bonnes volontés citoyennes désireuses d’amplifier l’écho de la cohabitation pacifique.

Le Gouvernement n’infléchira jamais son engagement et son combat contre les terroristes qui sèment la désolation partout où ils parviennent à s’implanter.

Le Gouvernement maintiendra sa vigilance et accroitra son action, en vue de consolider et de généraliser les bénéfices engrangés grâce à l’instauration des mesures exceptionnelles dans certaines provinces qui étaient sur le point de basculer le pays tout entier dans un véritable cataclysme.

Bref, la paix n’ayant pas de prix, il est de la responsabilité des pouvoirs publics de ne faire aucun compromis avec tout ce qui peut constituer une menace pour la paix.

Hommes de Dieu et Fidèles de toutes les confessions religieuses ;

Revenant sur la pertinente thématique sous laquelle vous avez placé cette Journée, j’ai noté toutes les références coraniques et bibliques qui attestent que toutes les religions convergent vers un message commun. Ce message est celui de la confraternité, celui de l’acceptation de l’autre, celui de la liberté de conscience, celui de l’amour de sa patrie.

Il vous appartient, avec notre indéfectible soutien, de disséminer ces valeurs dans tous vos lieux de culte et dans les foyers de vos fidèles, afin de parachever l’œuvre d’enracinement du sentiment d’appartenance à une même communauté nationale dans les cœurs de nos compatriotes.

Rien ne peut justifier que les fils et filles de notre beau pays fassent le choix de la division, alors même que, ce qui les unit est infiniment plus grandiose que ce qui les différencie.

Je voudrais, en terminant mon propos, rendre grâce à Dieu le Tout Puissant qui comble au fil des jours notre cher pays de Sa grâce et de Sa félicité majestueuses.

Dieu n’a pas été injuste avec nous, alors, ne soyons pas injustes contre nous-mêmes.

Je vous remercie.


Par: DGCOM Le 02/12/2019 14:27



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