DISCOURS DU CHEF DE L’ETAT AU 1er SOMMET RUSSIE-AFRIQUE

 DISCOURS DU CHEF DE L’ETAT AU 1er SOMMET RUSSIE-AFRIQUE

-    Monsieur Vladimir Poutine, Président de la Fédération de Russie ;

-    Monsieur ABDELFATTAH AL SISSI, Président de la République Arabe d’Égypte, Président en exercice de l’Union Africaine ;

-    Messieurs et Mesdames les Chefs d’État, de Gouvernement et de Délégation ;

-    Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine ;

-    Mesdames et Messieurs.

Je voudrais, tout d’abord, exprimer nos sincères remerciements et notre haute appréciation au Gouvernement et au peuple russes, pour l’accueil chaleureux et l’hospitalité généreuse, dont nous sommes l’objet depuis notre arrivée dans cette belle cité balnéaire de Sotchi.

Aussi, voudrais-je féliciter et remercier le Président Poutine, pour son leadership et son initiative d’organiser ce premier Sommet Russie-Afrique, ainsi que pour l’excellente préparation de sa tenue.

Excellences ;

Mesdames, Messieurs,

Les relations entre l’Afrique et la Russie remontent à l’histoire de la lutte de libération des peuples africains du joug colonial.  Le soutien multiforme de Union Soviétique, dans les années 60, aux différents mouvements de libération en Afrique, a été un facteur déterminant dans la décolonisation du Continent.

L’Afrique ne saurait oublier ce précieux soutien historique à son combat pour l’indépendance politique, la liberté et la justice. A cela, il convient d’ajouter les milliers des bourses accordées aux étudiants africains, pour se former dans les universités et instituts aussi bien de l’ex-URSS que de la Russie d’aujourd’hui. Ces étudiants formés, civils comme militaires, dont des centaines des Tchadiens, dans des domaines aussi divers que variés, ont fortement contribué, et continuent de jouer un rôle dans le processus de développement de nos pays.

Ce 1er Sommet Russie-Afrique, constitue donc une grande opportunité pour relancer une coopération, déjà établie de longue date, au socle bien solide, afin de l’adapter au contexte et défis actuels du monde.

Il me plaît, à cet égard, de saluer l’organisation en marge de ce Sommet, d’un Forum économique réunissant les entrepreneurs et opérateurs économiques de deux parties. L’Afrique, malgré ses difficultés et fragilités, est le seul continent où une croissance à deux chiffres, est observée. A ce titre, elle offre d’immenses opportunités à un partenaire fiable comme la Russie pour une coopération mutuellement bénéfique.

Dans cette perspective, je voudrais, d’ores et déjà, exprimer l’intérêt que porte mon pays à toute forme de coopération bilatérale avec la Russie, dans tous les domaines. Le Tchad est un pays vierge, aux potentialités énormes qui n’attendent qu’à être exploitées. Le Code d’investissements en vigueur offre toutes les facilités et garanties nécessaires aux investisseurs. Tous les investisseurs russes, publics et privés, intéressés y sont cordialement invités.

Nous marquons un intérêt particulier pour des investissements accompagnés de transfert de compétence et de technologie, pour faciliter la transformation de nos ressources naturelles sur place, et contribuer à la diversification de notre économie.

Excellences ;

Mesdames, Messieurs

La paix et la sécurité sont essentielles pour le développement d’un pays ou d’une région. Depuis bientôt 10 ans, le Sahel fait face à une grave menace terroriste à cause de la crise libyenne.

Malgré des efforts immenses, individuels et collectifs, cette menace demeure implacable, compromettant tous nos efforts de développement. Les États affectés, qu’il s’agisse du bassin du Lac Tchad ou de ceux du G-5 Sahel, consacrent entre 18 à 32% de leur budget à l’effort sécuritaire.

Dans ce combat du Sahel contre le terrorisme, le soutien de la Fédération de Russie est vital pour renforcer la stabilité régionale. L’appui en formation et équipements militaires, le partage des renseignements et d’expérience avec les forces africaines engagées sur ce front, seront d’une grande utilité.  

Aussi, le soutien politique et diplomatique de la Russie, en tant que membre permanent du Conseil de Sécurité de l’ONU, est-il fondamental pour l’aboutissement des efforts de l’Afrique visant à obtenir voix au chapitre au sein du Conseil de Sécurité de l’ONU, dans le cadre de sa réforme.

Par ailleurs, il convient de rappeler que la déstabilisation du Sahel par le terrorisme est étroitement liée au chaos installé en Libye à la suite de l’intervention militaire de 2011. L’Afrique qui subit aujourd’hui, de plein fouet, les contrecoups de ce chaos, est pressée pour trouver une sortie de crise, même si elle continue d’être injustement marginalisée dans la gestion de cette crise. Aucun effort, ni aucune contribution, n’est de trop pour rétablir la paix en Libye. A cet égard, nous soulignons l’impérieuse nécessité et l’importance des concertations régulières entre la entre la Russie et l’Union Africaine en vue de mettre un terme à la crise libyenne.

Excellences ;

Mesdames, Messieurs

Ce tout 1er Sommet Russie-Afrique permet de jeter les bases d’une coopération à la hauteur des attentes mutuelles, couvrant tous les domaines d’intérêt commun. Les potentialités de deux parties sont immenses, et les besoins d’échanges et de renforcement de la coopération, sont plus qu’évidents.

Il ne reste qu’à définir ensemble les grandes orientations stratégiques, et de créer les conditions propices au renforcement du partenariat dans les domaines du développement socio-économique, commercial, des investissements, de la science, de la technologie, de l’énergie, des hydrocarbures, des mines, de la sécurité et de l’environnement, pour ne citer que ceux-là.

Un partenariat redynamisé et diversifié entre l’Afrique et la Russie pourrait constituer à terme un pôle économique incontournable, et créer des leviers importants nous permettant de façonner ensemble notre avenir commun et de mieux répondre aux multiples défis globaux de l’heure.

C’est fort de cette conviction que nous avions tenu à faire le déplacement de Sotchi.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Par: DGCOM Le 24/10/2019 13:15