REMARQUES DU CHEF DE L’ETAT A LA REUNION SUR LE FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT DURABLE.

 REMARQUES DU CHEF DE L’ETAT A LA REUNION SUR LE FINANCEMENT DU DEVELOPPEMENT DURABLE.

-    Monsieur le Secrétaire Général des Nations Unies ;

-    Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Délégation ;

-    Mesdames, Messieurs,

Je tiens tout d’abord à saluer la tenue de cette importante rencontre sur le financement des ODD, et en remercie ses organisateurs.

Je m’interrogeais hier dans ma déclaration devant l’Assemblée générale, comment peut-on prétendre combattre la pauvreté si les engagements pris à cet effet  dans le cadre du Plan d’Action d’Addis-Abeba ne dépassent jamais le stade des promesses ?

En effet, selon les estimations des Nations Unies, la réalisation des ODD à l’horizon 2030, nécessite des investissements de l’ordre de 5.000 à 7.000 milliards de dollars par an.

Il est évident que le décalage est abyssal entre le financement nécessaire à mobiliser et l’étendue des besoins pressants à satisfaire en matière de développement durable, surtout en Afrique.

A cet égard, il est plus qu’urgent de nous remobiliser  pour tenir les engagements pris dans le cadre du Programme d’Action d’Addis-Abeba adopté en juillet 2015, en tant que feuille de route de la communauté internationale pour le financement des ODD.

Dans cette perspective, je tiens à souligner, une fois de plus, l’urgente nécessité, d’une part, que les pays développés respectent les engagements pris dans le cadre du Programme d’Action d’Addis-Abeba, et d’autre part, que les pays en développement, avec l’appui technique de tous les partenaires, accélèrent les réformes fiscales requises pour une meilleure mobilisation des ressources intérieures, avec un accent particulier sur l’utilisation efficace des ressources nationales.

Dans la même optique, tout en rappelant l’importance capitale des efforts supplémentaires à fournir pour développer les modes de financement innovants et mobiliser les investissements privés, il y’a lieu de mettre un accent particulier sur la prise en compte des préoccupations majeures des pays en développement consignées dans le Programme d’Action d’Addis-Abeba.

Il s’agit entre autres, de :

-    l’industrialisation indispensable à la transformation de nos immenses ressources naturelles sur place,

-    la diversification de nos économies,

-    la lutte contre les flux illicites des capitaux drainant d’importantes ressources hors de nos pays,

-    l’accès aux marchés,

-    la mise en place des fonds d’innovations pour supporter la phase de développement et de commercialisation de la technologie,

-    et la réforme des institutions financières internationales pour prendre en compte la participation effective des pays africains dans la prise des décisions les concernant.
 
Il me plaît, à cet égard, de saluer la Stratégie de soutien au financement des ODD, lancée par le Secrétaire Général consistant à aligner les politiques économiques et les systèmes financiers mondiaux avec l’Agenda de 2030.

Il est également indispensable de développer de nouvelles sources de financement des ODD en exploitant l’énorme potentiel des innovations financières et des nouvelles technologies de l’informatisation pour faciliter l’accès équitable à des ressources privées et publiques au profit des couches les plus vulnérables.

Excellences,

Mesdames, Messieurs,

Au Tchad, le financement des ODD passe par celui des trois plans quinquennaux issus de « la Vision 2030 : le Tchad que nous voulons » dont le Plan National de Développement (PND) 2017–2021.  Les besoins de financement du Programme d’Actions Prioritaires (PAP) de ce PND sont évalués à 5.538,2 milliards de FCFA dont 11% sur les ressources propres de l’État et 22% sur financement extérieur déjà acquis. Il en résulte un gap global prévisionnel de 3.710 milliards de FCFA, soit 67% du coût global du PAP.

Il convient de préciser que la stratégie de financement de ce gap s’articule autour des actions suivantes :

-    accentuer l’effort de mobilisation des dons auprès des bailleurs multilatéraux et bilatéraux ;

-    rechercher des prêts hautement concessionnels ;

-    développer et approfondir le marché intérieur des titres publics ;

-    poursuivre les négociations avec les partenaires bilatéraux non membres du Club de Paris ;

-    poursuivre la bonne exécution du service de la dette afin d’éviter l’accumulation d’arriérés de paiements ;

-    élaborer une stratégie de la dette à moyen terme qui vise une structure appropriée du portefeuille de la dette en mettant un accent sur sa viabilité.

Les réformes engagées à travers la mise en œuvre du Plan d’Action pour la Modernisation des Finances Publiques pour une meilleure mobilisation des ressources intérieures et une sécurisation des recettes publiques, d’une part, et les différentes mesures prises pour prévenir un endettement insoutenable d’autre part, nous ont permis d’atteindre des résultats fort encourageants en matière d’endettement public, comme en témoigne le respect par le Tchad du critère de convergence de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), relatif au ratio d’endettement.

Excellences,

Mesdames, Messieurs,

Pour conclure, je voudrais noter que la feuille de route à l’horizon 2030 dont nous nous sommes dotés pour répondre aux défis mondiaux que sont, entre autres, la pauvreté, les inégalités ou encore le changement climatique, est bien amitieuse, mais les fonds nécessaires à cet effet sont malheureusement insuffisants. Il est extrêmement important de développer une stratégie plus efficace de mobilisation des ressources et de disposer des statistiques fiables pour mesurer, étape par étape, la part de financement nécessaire pour réaliser les ODD, ainsi que l’impact réel des ressources injectées.

Il est évident que sans une maitrise de ces paramètres, il sera difficile, pour ne pas dire impossible, de parvenir au financement des ODD tel qu’envisagé dans notre feuille de route.

Je vous remercie de votre bien aimable attention.

Par: DGCOM Le 28/09/2019 14:53