RAPPORT PRESENTE SUR LE MAEP PAR LE PRESIDENT DU FORUM DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT DU MAEP

 RAPPORT PRESENTE SUR LE MAEP PAR LE PRESIDENT DU FORUM DES CHEFS D’ETAT ET DE GOUVERNEMENT DU MAEP

-    Cher frère Paul KAGAME, Président en exercice de l’Union Africaine ;
-    Mesdames et Messieurs les Chefs d’État et de Délégations ;
-    Monsieur le Président de la Commission de l’Union Africaine ;
-    Distingués invités ;
-    Mesdames et Messieurs.

Le Rapport sur la Gouvernance en Afrique que j’ai l’honneur de présenter est un document de référence qui fait le diagnostic de l’état de la gouvernance dans tous les cinquante-cinq (55) États membres de l’Union Africaine (UA), en s’intéressant à cinq (5) domaines :

•    Le leadership transformateur ;

•    Le Constitutionnalisme et État de droit ;

•    Le lien entre développement et gouvernance ;

•    La Paix, la sécurité et la gouvernance ;

•    Le rôle des Communautés Economiques Régionales (CER) dans la gouvernance en Afrique.

Ce Rapport vise à fournir un modèle de rapports annuels sur la gouvernance proposés par les États membres de l’Union Africaine. Il a comme source le mandat élargi que l’Union Africaine a confié au MAEP, en plus de son mandat initial.

Il vous souviendra qu’en 2017, l’Union Africaine a élargi le mandat du MAEP au suivi de tous les aspects de la gouvernance et à l’établissement de rapports en la matière, en particulier les progrès enregistrés dans la mise en œuvre de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et de l’Agenda 2030 des Nations Unies sur les Objectifs de Développement Durable.

Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs.

En 2018, la Conférence de l’Union a accueilli favorablement une initiative visant à repositionner le MAEP comme un outil d’alerte rapide pour la prévention des conflits.

Le rôle et les responsabilités du MAEP couvrent actuellement trois domaines : l’évaluation de la gouvernance pour l’apprentissage entre Pairs et le partage des meilleures pratiques ;  le suivi et l’analyse des progrès de l’Agenda 2063 de l’Union Africaine et de l’Agenda 2030 des Nations Unies sur les Objectifs de Développement Durable et  l’assistance en matière de paix et sécurité.

Le mandat élargi exige que le MAEP renforce la collaboration et la coopération avec les autres structures de l’UA, en particulier les structures techniques qui interviennent dans l’Agenda 2063 de l’UA et l’Agenda 2030 de l’ONU, l’Architecture Africaine de la Gouvernance (AAG) et l’Architecture Africaine de Paix et de Sécurité (APSA).

Ainsi, le Rapport sur la Gouvernance en Afrique est le fruit de la collaboration entre le MAEP et d’autres organes et institutions de l’Union Africaine.

Les objectifs assignés sont  d’évaluer l’état de la gouvernance en Afrique et de fournir une base de suivi et d’analyse des tendances de la gouvernance sur le continent.
Il a été retenu que l’accent soit mis sur :

•    l’évaluation et l’analyse des réalités de la gouvernance en Afrique ;

•    la réflexion sur les progrès accomplis par les États membres en matière d’adoption et de promotion des valeurs communes de l’UA ;

•    les propositions sur la manière dont les États membres peuvent mieux se conformer aux valeurs communes de l’UA et les promouvoir.

En outre, il s’agit  d’identifier les meilleures pratiques  de gouvernance  et d’informer les populations africaines sur les tendances de gouvernance.

Mesdames et Messieurs

Il serait peut-être fastidieux de s’attarder sur la méthodologie et le processus d’élaboration de ce rapport, mais nous voudrions simplement noter qu'il s’agit d’une initiative africaine, réalisée par des membres du personnel du MAEP et entièrement financée par l’Union Africaine.

La méthodologie adoptée obéit  naturellement à une démarche  rigoureuse et méthodique qui se résume en trois (3) étapes :

1.    Examen, analyse critique et synthèse des informations et des données existantes tirées des rapports publiés sur la gouvernance, la performance économique, le développement humain, la paix et la sécurité.

2.    Concertations avec les principales parties prenantes, notamment les organes et institutions de l’Union Africaine, les structures du MAEP, les Communautés Economiques Régionales et autres parties prenantes.

3.    Validation du draft du Rapport par les parties prenantes.

Dans les années à venir, il est prévu de remplacer cette méthodologie par des enquêtes ciblées et sélectives.

Chers collègues Chefs d’État;
Mesdames et Messieurs.

En matière de leadership  transformateur, les dirigeants africains ont fait des progrès significatifs comme l’attestent si bien la consolidation de la démocratie et la pertinente formulation de visions nationales.

Les populations africaines participent, avec beaucoup d’engouement, aux processus électoraux. De même, les activités de la société civile suscitent de fortes participations citoyennes.

Dans le domaine du constitutionnalisme et de l’État de droit, des progrès sont perceptibles, à l’instar de la ratification par la plupart des États membres des principaux instruments de l’UA sur le constitutionnalisme et l’état de droit, et la reconnaissance de la limitation du nombre de mandats présidentiels dans de nombreuses constitutions.

De nombreux États membres ont promulgué des constitutions comportant des déclarations des droits et mis en place des mécanismes pour la réalisation de ces droits.

Nombre d’États membres ont également mis en place des mécanismes de contrôle institutionnels, y compris des systèmes de recours judiciaires.

Toutefois, de nombreuses contraintes et difficultés subsistent, nécessitant la mise en place par les États membres de mécanismes de suivi et d’évaluation de  leurs programmes et stratégies d’intégrité et de lutte contre la corruption.

En ce qui concerne la paix, la sécurité et la gouvernance, l’Union Africaine, les Communautés Economiques Régionales et les États membres ont fait des efforts encourageants pour prévenir et arbitrer les conflits et instaurer la stabilité.

Il est aussi encourageant de constater que plusieurs CER ont mis en place des systèmes opérationnels de collecte et d’analyse de données d’alerte rapide.

Bien que le nombre de guerres à grande échelle ait diminué, les cas de conflits, de violence, de troubles et de terrorisme à l’intérieur des États ont augmenté au cours des deux dernières décennies.

A ce sujet, il est recommandé que les États membres signent, ratifient et intègrent dans leurs législations nationales tous les instruments de l’UA.  L’harmonisation des fonctions de l’Union Africaine et des Communautés Economiques Régionales doit être revue. De même, il urge d’accélérer le processus d’opérationnalisation de la Force Africaine en Attente.

Sur les aspects liés au développement et à la gouvernance, de nombreux États membres élaborent des plans nationaux de développement (PND) qui visent à traduire les visions nationales en programmes et projets pour assurer le développement national et le progrès social et humain.

Toutefois, la mise en œuvre de ces plans se heurte à plusieurs obstacles et défis, notamment leur alignement insuffisant sur l’Agenda 2063 de l’UA et les ODD des Nations Unies.

Il convient, à cet égard, de corriger ces écueils pour une parfaite optimisation de ces plans de développement.

Pour ce qui est du rôle des Communautés Économiques Régionales dans la gouvernance en Afrique,  nous relevons des  préoccupations quant à l’harmonisation et à la coordination insuffisantes des fonctions et des responsabilités des CER avec l’UA.

Il  est  nécessaire que les CER alignent leurs stratégies de développement sur l’Agenda 2063 de l’UA et les ODD des Nations Unies.

Distingués invités;
Mesdames et Messieurs

Permettez-moi, avant de clore cet exposé, de souligner avec force, que l’Afrique fait des progrès remarquables vers l’amélioration de la qualité de sa gouvernance.

Et le Rapport sur la Gouvernance en Afrique  constitue un important document de base dont on pourrait se servir pour mesurer, surveiller, évaluer et comparer les changements futurs dans certains aspects de la gouvernance.

Il s’agit surtout d’un mécanisme propre à l’Afrique pour l’évaluation régulière des aspects de la gouvernance africaine.

Je vous remercie.



Par: DGCOM Le 10/02/2019 10:21