COMMUNICATION DU PRESIDENT FONDATEUR DU MOUVEMENT PATRIOTIQUE DU SALUT AU 5ème CONGRES ORDINAIRE

«Pour ceux qui étaient à BAMINA et qui sont encore vivants, quelques-uns sont certainement dans cette salle, notre crédo partagé par tous les patriotes en armes, c’était de remplacer la dictature par le pluralisme. Et depuis le 1er Décembre 1990, je n’ai jamais trahi cet engagement. Souvent, il m’a fallu me battre contre des amis intimes, mes propres parents, mes meilleures relations, afin de maintenir le cap et poursuivre la lutte de la mutation de la société tchadienne.» Frère François BOZIZE ; Président de la République sŒur Centrafricaine, Président fondateur du parti ami Kwa Na Kwa ; Camarades militantes, Camarades militants ; Camarades congressistes venus de l’intérieur et de l’extérieur du pays; Distingués invités des partis amis qui nous ont accompagnés durant nos travaux ; Mesdames, Messieurs ; Au moment où s’achèvent les assises du 5ème Congrès ordinaire de notre parti, je voudrais, avant tout propos, vous demander d’observer une minute de silence en mémoire de tous nos martyrs qui n’ont jamais dévié de la ligne du MPS depuis sa création, le 11 mars 1990, jusqu'à nos jours. Le dernier à qui nous somme sommes tous attachés, il était le cŒur, le symbole, l’identité de notre parti étant ABDERAMAN YOGGA qui n’est plus des nôtres.MERCI Chers camarades, Avant de vous laisser prendre le chemin du retour, j’éprouve le plaisir de vous parler et de tenir un langage de militant. Soyez rassurés que c’est un langage franc qui vient du plus profond de moi-même, mû par mes conviction les plus profondes. Je salue tous ceux et toutes celles qui ont accompagné le MPS depuis 23 ans Je crois que c’est la première fois que j’agis ainsi avec vous, même si, à toutes vos assises, vous m’avez gentiment invité, en limitant mon rôle à celui d’un observateur de vos débats. Je suis un observateur très avisé et je vous remercie de m’avoir invité à ce congrès qui me semble être un congrès à la croisée des chemins, un congrès déterminant, de clarification, un congrès qui va cimenter pour toujours ce grand parti qui a joué un rôle historique et l’histoire le reconnaitra, quoique l’on dise dans ce pays. Je crois aussi que c’est la première fois que qu’un frère, en l’occurrence, président de la République sŒur Centrafricaine, prend personnellement part à la clôture de vos travaux. En votre nom, je lui exprime, mon frère, le président FRANCOIS BOZIZE, Président National du parti KWA NA KWA (KNK);, toute notre admiration et tous nos remerciements. D’ailleurs, la délégation qui l’a précédé, dirigée par le Secrétaire général de son parti, a délivré un message fort aux congressistes, message que vous avez tous applaudi. C’était une contribution essentielle et je tiens à dire à mon frère, le Secrétaire général du KNK, merci et bravo. Militantes et Militants ; Distingués invités ; Chers amis ; Aujourd’hui et en observateur, J’estime devoir intervenir à la fin de vos travaux pour n’avoir pas à recevoir le reproche d’avoir influencé vos débats. Je le fais maintenant pour rester dans les limites que m’impose ma charge de président de la République en fonction, et constitutionnellement situé au-dessus des organisations partisanes. Je le fais maintenant pour nous rappeler les profondes motivations qui nous ont conduit à créer le Mouvement Patriotique du Salut (MPS); et partager avec vous les forts sentiments de joie, de satisfaction, mais aussi de déception que le fonctionnement du parti avait suscités en moi. Car, pour ne l’avoir pas fait ainsi depuis que notre Mouvement préside aux destinées de notre pays, d’aucuns se sont laissés entraîner dans des luttes de clans ou d’intérêts, souvent en porte-à-faux avec nos engagements fondamentaux et statutaires. Intervenant pour la première fois sous cette forme et en pareilles circonstances, je mesure le tollé que cela soulèvera, habitués que nous sommes dans ce pays, à ne voir que du noir, même dans les actions porteuses d’espérance et de bonheur pour nos populations. Militantes ; Militants ; Chers amis congressistes ; Mes tout premiers mots sont pour vous remercier de m’avoir soutenu pendant les moments cruciaux de notre histoire. Je vous remercie particulièrement pour votre mobilisation qui nous a permis d’obtenir de très bons résultats, au cours de l’année 2011, lors des trois dernières élections qui ont mis votre parti en tête des partis qui ont gagné la confiance du peuple tchadien. Je voudrais aussi saluer l’esprit d’ouverture, de compréhension, et surtout votre participation dans la mise en Œuvre de l’accord du 13 août 2007, accord qui a permis de créer un climat serein, fraternel entre toute la classe politique de notre pays et qui nous a conduit à des élections transparentes, démocratiques à n’en point douter, même si quelque fois, en désespoir de cause, ceux qui sont moins démocratiques, ont voulu remettre en cause notre victoire. Mes chers camarades, Après toutes ces consultations qui nous ont porté en première ligne, je n’ai eu à me rendre qu’à Léré pour dire à ceux qui nous ont fait confiance, MERCI. Je vous promets que j’irai dans toutes les autres régions pour partager avec les camarades la joie que nous ressentons tous d’avoir eu à bénéficier de leur confiance. Militantes ; Militants ; Chers amis congressistes ; Vous avez placé le 5ème congrès sous le thème de « Congrès de la rénovation pour une plus grande efficacité ». En considérant le stade où se trouvait le Parti, peut-on escompter meilleure pertinence dans le choix de ce thème ? Vous avez bien vu que c’était nécessaire. Je dis « non », nous ne pouvions pas avoir un thème aussi meilleur que celui que vous avez choisi. Ainsi, vous êtes alignés conséquemment sur le courant dominant de notre action, marquée par le nouvel élan de la Renaissance du Tchad lancée il y a un peu plus d’un an, un 1er Décembre 2010 à ATI, dans le Batha. Le lieu me parait plus indiqué pour conforter ce que vos assises en ont pu dire en termes de profondeur des débats, des recommandations et des résolutions pertinentes. Pour moi, la Renaissance du Tchad est à comprendre par rapport aux engagements historiques que les patriotes ont pris le 11 mars 1990 à BAMINA. Toutes les recommandations et toutes les résolutions que nous avons écoutées avec la plus grande attention confortent la ligne directrice du MPS, né à Bamina. Vous savez, ce jour-là, nous étions une poignée de « têtes brulées », selon nos détracteurs de l’époque, à rêver qu’on peut construire au Tchad une société juste, démocratique, équitable et tournée vers la prise en main de son destin. Nous étions « une poignée des renégats », selon la caricature de l’époque, à croire que le patriotisme est une valeur incessible quel qu’en soit le prix. N’en déplaisent à ceux qui croient autrement et qui osent dire que la démocratie est venue par un certain vent de l’Ouest, au tout au moins, que la démocratie est venue suite à une lutte dans les cabarets, les hôtels ou les pari-vente. Non ! Nous n’étions pas des renégats. Nous étions et sommes toujours des patriotes sincères. Nous étions une poignée des résidus des différents mouvements de contestation du pouvoir, à en appeler à la réconciliation, la vraie, dans un Tchad à jamais débarrassé des démons de la haine, de la division et de l’immaturité politique. Nous étions tous ceux-là qui avaient arpenté les rues de N’Djaména, un petit matin du 1er Décembre 1990, et avions proclamé n’apporter ni or, ni argent mais la liberté, rien que la liberté. C’est par ce cri de cŒur que j’ai semé les graines de la Renaissance du Tchad ce 4 Décembre 1990, dans ma première adresse à la Nation Tchadienne, en tant que Chef politique et Chef militaire du MPS qui a mis en déroute la dictature. Je voudrais, ici, avoir une pensée profonde pour tous ces compatriotes, les vrais, qui se sont sacrifiés sur le chemin de la recherche du bonheur des Tchadiens ? Ceux-là, ce sont les membres des forces armées du MPS issu de Bamina. Ma foi, ils nous ont laissé des veuves et des orphelins. En mon âme et conscience, je dirai que je n’ai pas trahi le serment de Bamina pour lequel ils sont morts. Mes chers camarades ; J’ai beaucoup entendu, depuis décembre 1990 jusqu’à nos jours, des Tchadiens ou des étrangers dire que nous avions été portés au pouvoir par des pays étrangers. Ils ne pourront pas déformer l’histoire et la vérité. Ce sont eux plutôt qui sont surement déformés par leurs propos, mais ils pas l’histoire. En homme libre, jaloux de la souveraineté de mon pays, je vous adjure que je ne dois rien à aucun pays, je dis bien aucun pays. Certains esprits rétrogrades disent et croient que le pouvoir au Tchad peut être octroyé par l’extérieur. Moi, je leur oppose un NON catégorique Ce n’est ni dans les capitales étrangères, ni dans les assemblées de l’étranger que viendra le pouvoir au Tchad. C’est au peuple tchadien, un peuple libre, souverain qu’appartient la légitimité de choisir ses dirigeants. Ceux qui croient le contraire sont naïfs ou apatrides. Très tôt, ces forces rétrogrades se sont réveillées avec une telle violence qu’il nous a fallu manŒuvrer, mais en ayant toujours à l’Œilleton les deux cibles critiques que sont la démocratie et la liberté. Les trajectoires suivies par les réponses aux assauts de ces forces rétrogrades ont fait des victimes, y compris dans les rangs de certains éléments des forces patriotiques rattrapées par le virus de la pensée unique. Pour nous, il faillait ces sacrifices plutôt que le reniement des engagements pris à BAMINA. La proclamation officielle de la Renaissance et son inscription comme cadre de mon mandat en cours, sont venues replacer le Tchad dans une nouvelle orbite qui est celle de l’audace, de la fierté d’être libre et la joie d’appartenir à un Etat souverain ; n’en déplaise aux prophéties ténébreuses des dirigeants des partis politiques et associations civiles qui agissent comme des agents des officines étrangères et qui causent tant de tort à notre marche souveraine. Aujourd’hui, nous vivons dans cette ère d’un Tchad respecté, tel qu’a pu le rêver et proclamer un de mes prédécesseurs dans cette haute charge et, je le cite : « Tchadiens, crions notre joie. Je dis que le Tchad est indépendant et souverain ! » fin de citation. Je parlais de feu François Tombalbaye, le premier Président du Tchad. Ce rêve d’un Tchad indépendant, souverain, et cette joie, la joie de tout un peuple libéré, seront, très tôt, il faut l’avouer, douloureusement interrompus trois années seulement après leur formulation dans la nuit du 10 au 11 Août 1960. Les premiers évènements de déstabilisation de l’Etat se sont manifestés tôt en septembre 1963. Quant à moi, j’ai toujours personnellement agi dans le sens de ce rêve d’un Tchad grand, assumant son rôle en Afrique et sa place dans le monde, d’un Tchad souverain où les enfants sont unis, assis côte-à-côte, semant la fraternité, toujours, plus de fraternité, l’unité dans l’action. J’ai toujours rêvé de ce Tchad. Les charges que vous m’avez confiées sont venues me conforter que je ne dois pas marchander le Tchad, le vendre, l’abaisser, aller quémander en son nom. Quellesque soient les menaces que j’ai connues, face à l’adversité, j’ai toujours choisi, pour la bonne cause, le sacrifice suprême pour mon pays. La ligne directrice du MPS a été tracée par des Tchadiens, sans aucune présence étrangère, du 8 au 11 mars 1990. A la naissance du parti, il n’y avait pas dans le maquis des étrangers pour nous orienter ou nous commander. Nous avons assumé notre destin et en cela, nous avons eu une adhésion massive du peuple tchadien, de toutes les régions du Tchad. Mais en face de cette adhésion très massive de nos compatriotes aux idéaux du MPS, le Parti, lui, apparaît comme un regroupement d’intérêts divergents avec certains militants sans conviction profonde. Le MPS n’est pas une mangeoire. Le MPS n’est pas un parti de la rue. Le MPS n’est pas un parti local. Le MPS n’est pas un parti de famille. Le MPS est un mouvement de masse de vrais Tchadiens. Et d’ailleurs, sur ce point, je me réjouis de ce que vos assises aient tiré la sonnette d’alarme, en appelant à une sincère adhésion au Parti. Vous avez vu le danger et j’estime qu’il était temps. Le débat sur l’idéologie du Parti et sur les dérapages observés dans la coopération et les alliances partisanes a atteint un tel degré de pertinence qu’il ne me reste plus qu’à vous dire « bravo ! Transformés et convaincus comme vous l’êtes, allez toujours de l’avant ; soyez encore plus convaincus et convaincants dans votre militantisme ». Le militantisme ne s’obtient pas contre un poste, une fonction, de l’argent, des véhicules grosses cylindrées, des maisons. Non ! C’est plus que çà, le militantisme. Au Tchad, nous avons deux grandes religions l’Islam et le Christianisme. Les Tchadiens sont des gens de foi. Je crois qu’après Dieu, nous croyons en nos propres convictions qui sont importantes. Il n’y a pas d’errements dans les rangs du MPS. S’il fallait qu’on donne une fonction pour devenir militant, ou acheter une conscience, je préfère un petit nombre de militants mais soudés qu’une masse éparse sans conviction. Mes chers congressistes, Soyez encore plus déterminés et convaincus dans votre militantisme. Ne le changez ni contre des biens matériels, ni contre une vie facile. Du reste, je me demande si d’autres compatriotes intéressés par l’action politique, au lieu de se mettre au service de l’étranger pour gagner des miches de pain, ces compatriotes, disais-je, ne gagneraient-ils pas en efficacité en s’inscrivant à l’école du MPS et de la Renaissance du Tchad que ces assises ont constituée. Le Tchad est cher pour nous. Les Tchadiens doivent aimer leur pays, c’est leur terre, la terre de leurs aïeux. Il existe aussi en notre sein des arrivistes qui n’ont aucune assise familiale, des gens qui sont venus au parti par le sommet, ce sont des parachutés. Ceux-là nous ont infiltrés pour obtenir des facilités et gagner plus discréditant ainsi notre parti. A la recherche d’une identité, ils divisent les Tchadiens. Malgré cela, nous les acceptons, mais je les renvoie à l’école de la Renaissance et du MPS. Le pluralisme politique que le MPS a arraché à la dictature a été et reste une des plus grandes conquêtes de notre pays depuis sa fondation en tant qu’entité sociopolitique issue de la colonisation. C’est grâce aux nouveaux espaces de liberté et d’expression créés grâce aux engagements de BAMINA que nous devons aujourd’hui la centaine de partis politiques de syndicats et des associations de la société civile. Le moment est venu, pour le grand bien de notre pays, pour une démocratie forte, pour un jeu démocratique transparent, sans tricherie, sans avoir recours à l’étranger, sans chercher à vendre le pays contre des miettes, à être la voix de son maître contre 500 Frs, d’écrire tel ou tel article dans le journal, de rédiger le rapport selon la volonté de son bailleur, ce moment est révolu. C’est le temps d’avoir une société civile forte, nationaliste, une vraie société civile qui agit dans la transparence sans nuire, sans se marier à l’étranger contre les intérêts de son pays. Nous affirmons que le Tchad appartient aux Tchadiens, qu’ils ont créé leur association pour servir le peuple tchadien mais pas pour le nuire. C’est normal de s’en prendre à un Homme ou à un parti politique. Depuis 22 ans, quand vous lisez les journaux, les rapports des associations, si tout ce qu’ils écrivent est vrai vous devriez me traduire en justice, je ne devrais pas être le Président du Tchad. Franchement, c’est devenu leur raison de vivre. Sans cela, ils n’auront rien à moudre J’ai toujours prôné une réconciliation nationale entre les enfants du Tchad, quelles que soient nos divergences, quelles que soient nos idéologies et religions. Le moment est venu pour la grande réconciliation des enfants du Tchad. Et tous ces Tchadiens se doivent de ne pas oublier les sacrifices consentis par les patriotes, qui ont payé de leur vie pour nous donner ces nombreux espaces d’expression plurielle. Camarades militantes ; Camarades militants ; Chers amis congressistes ; Nous avons en main la destinée du pays depuis 22 ans. Des observateurs objectifs mesureront à sa juste valeur ce que nous avons fait pour redonner au Tchadien sa fierté. Mais je n’interviens pas ici pour faire de l’autosatisfaction. Le devoir de ma charge me l’interdit. En m’adressant aujourd’hui à vous, je veux inviter chacun de nous à comprendre que le Parti est notre seul point de ralliement pour les causes justes et nobles à défendre. Ces causes, BAMINA les a identifiées à travers le pluralisme politique et la forte décentralisation du pouvoir, les libertés, la démocratie pluraliste, le débat d’idées. C’est cela la ligne qui a été tracée par Bamina. Ceux qui étaient à BAMINA, témoigneront, que je n’ai jamais accepté la présidence de la lutte contre la dictature par la basse motivation de venir remplacer un pouvoir dictatorial. Nous avons combattu pour un véritable changement dans notre pays, qui passe par un changement de mentalité et de comportement. Pour ceux qui étaient à BAMINA et qui sont encore vivants, quelques-uns sont certainement dans cette salle, notre crédo partagé par tous les patriotes en armes, c’était de remplacer la dictature par le pluralisme. Et depuis le 1er Décembre 1990, je n’ai jamais trahi cet engagement. Souvent, il m’a fallu me battre contre des amis intimes, mes propres parents, mes meilleures relations, afin de maintenir le cap et poursuivre la lutte de la mutation de la société tchadienne. Dans le cadre de l’ancrage idéologique, je ne savais pas que pratiquer l’équité et la justice dans la gestion de l’Etat relevait d’une idéologie quelconque à théoriser. Je ne savais pas que construire les salles de classe, assurer la gratuité des soins d’urgence et des maternités en consacrant tout un mandat quinquennal au social, signifiait pratiquer la social-démocratie. J’ai toujours ainsi agi, intuitivement, et à partir de forte conviction dictée par le sort de mes compatriotes et l’histoire tumultueuse de notre pays. J’ai toujours remercié Dieu qui m’a honoré en me confiant la destinée d’un grand pays comme le Tchad. Je me dois de mériter cette confiance, en me mettant au service de mes concitoyens, en étant leur berger et en veillant quotidiennement à leur bien-être. Tous ceux qui, au cours des 22 ans, ont travaillé avec moi, dans mon cabinet, au gouvernement, dans les grandes institutions, personne ne saura dire que le président DEBY a volé un sou du Tchad. Je n’ai pas changé, je sui resté le même de ce 11 mars 1990 quand les camarades m’avaient demandé de prendre la tête du mouvement. La lecture de certains documents à mon sujet m’amuse. Quand on est capable du pire et qu’on n’a pas de morale, on pense que les autres vous ressemble. Je suis rentré blanc, avec l’aide de Dieu, je sortirai blanc. Militantes ; Militants ; Le thème du Congrès de la recherche de l’efficacité est en totale phase avec la nouvelle impulsion que j’entends donner à l’action des institutions publiques. Cela est essentiel pour mériter la confiance de notre peuple et être en mesure de rendre les comptes que nous devons demander à tous les serviteurs de l’Etat. A partir de ce moment, à commencer par moi-même, je suis prêt à rendre compte et je souhaite que tous ceux qui ont eu la chance de servir le Tchad, à quel que niveau que ce soit, qu’ils soient véritablement au service du Tchad et des Tchadiens. Je vous annonce qu’à partir des conclusions de vos assises, je ferai en sorte que le gouvernement reflète la composition de l’Assemblée Nationale où notre Parti détient la majorité absolue, afin d’éviter toute confusion de genre et pour qu’on nous ne nous accuse pas de fuir nos responsabilités. En 2016, vous rendrez compte au peuple tchadien de votre gestion. Pour ce faire, vous devez vous assumer pleinement en ne pas cherchant à évoquer une quelconque gestion commune ou partagée. Notre parti doit être en mesure d’assumer à l’heure du bilan les bons ou les mauvais résultats. Militantes ; Militants ; Chers amis ; L’efficacité enjointe aux militants par le Congrès, c’est aussi une nouvelle manière de militer en faisant siens les impératifs d’équité et de justice sociale dans les actes que nous posons. L’efficacité, c’est aussi la vie du Parti qui commande que chaque militant contribue physiquement, matériellement et financièrement et intellectuellement à son animation. Après vous être abondamment investis physiquement et matériellement pendant les élections, vous avez amorcé la prise en charge de votre fonctionnement. C’est pour la première fois que vous m’avez agréablement surpris en assurant totalement, par vos cotisations et autres contributions volontaires, la totale prise en charge des frais d’organisation d’un congrès ou d’une assemblée générale. Je vous en félicite. Il y a un grand espoir. Vous avez ouvert de nouveaux horizons. Je suis mieux armé maintenant, mieux destiné à prendre toutes les dispositions nécessaires pour ne pas vous trahir et trahir le peuple tchadien. Je vous exhorte à maintenir cette nouvelle manière de militer. Et pour donner l’exemple, je vous promets ma contribution pour la nouvelle ère qui commence aujourd’hui avec ces assises. Les modalités en seront examinées avec le Bureau Politique National. Chers amis ; La nécessité de l’efficacité vous a conduit à opérer la restructuration des organes de direction que sont le Conseil National du Salut et le Bureau Politique National. Pour ces deux organes centraux et vitaux de notre organisation, je vous demande de veiller jalousement sur leur caractère national. Il faut bannir les « chefs de file ». Les nouveaux textes que vous avez rendus publics donnent les pleins pouvoirs aux cellules décentralisées régionales de gérer et de se gérer elles-mêmes. Il faut que cela cesse ! Les chefs de file ont nui sérieusement au parti. Les élus locaux sont là, en plus des députés, et de vos cellules locales. Donc, de grâce, ne plus jamais de chef de file. Ils nous ont beaucoup divisés et démoralisés les militants. Ils se sont servis du parti pour leurs propres intérêts. Ces chefs de files sont souvent des freins à l’éclosion des énergies nouvelles dont le parti a besoin pour sa rénovation. En revanche, dans cette mort nécessairement attendue des chefs de file, la responsabilité de la gestion du Parti au niveau local incombe totalement et entièrement aux Secrétaires généraux des Conseillers Régionaux. Pour éviter de retomber dans les mêmes travers, nous serons très regardants dans la manière avec laquelle le nouveau BPN se comportera. Notre vigilance ici est dictée par, disons-le, une certaine lassitude de nos organes dirigeants à faire disparaître la pratique des chefs de file qui est en contradiction avec l’esprit du parti de masse et non d’élites qui caractérise le MPS. Il n’est, naturellement, pas question de chasser ceux des nôtres qui avaient, en des temps très difficiles, résisté aux provocations et autres humiliations pour porter haut le flambeau du Parti. Il s’agit d’opérer une savante synthèse entre les militants de tous âges et des deux sexes. L’efficacité recherchée, cest enfin des organes de base avec des cellules plus cohérentes et tournées vers un meilleur maillage de leur zone de responsabilité. Lorsque nous disons qu’il n’y a pas de militant de première ni de dernière heure, cela ne veut pas dire que le Parti n’a pas d’histoire. Le parti a une histoire et qui doit être connue. Le respect dû aux ainés est une vertu cardinale dans nos sociétés. Tout comme la jeunesse est le fer de lance de la Nation, elle est aussi le fer de lance du parti. Que dirai-je de mes sŒurs, militantes ? Mes sŒurs, vous êtes le souffle du parti, le cŒur même du parti. A partir de ces enseignements, il faut renforcer toutes nos capacités, en prenant en compte celles de la jeunesse et de la femme, pour mener, avec tout le monde, avec tous les militants, le parti vers plus de réalisations, plus de réponses concrètes aux attentes du peuple tchadien, et surtout vers une gestion saine de la chose publique. Le parti doit donner l’exemple, le militant doit donner l’exemple de gestion saine des affaires publiques. En 22 ans, des villas ont poussé comme des champignons, pas pour tout le monde. Le train de vie de chacun de nous est visible à l’Œil nu. Nous devons arrêter et servir le peuple tchadien. C’est en cela que nous pourrions mesurer le degré de militantisme de chacun de nous et l’histoire le reconnaitra comme tel. Ce sont des enseignements importants, et avec honnêteté et un recul, chacun peut dire qu’est-ce qui a été fait et qu’est-ce qu’il a fait. Quelque part, c’est peut-être normal car vous vous êtes laissés infiltrer par des agents sans foi ni loi, qui n’ont aucun militantisme connu et de surcroît vous ont induit en erreur. Maintenant même, ils risquent de vous induire en erreur. Faites attention ! Ils sont à la recherche de gain facile et de biens mal acquis. Ne vous laissez pas manipuler par ceux là qui trouvent leur force dans la duplicité et la concussion. Soyez des militants aguerris et engagés, fiers de leur parti et prêts à consentir le sacrifice suprême, à l’instar de ceux qui avaient osé dire « non » à la dictature ! L’efficacité voulue par vous les congressistes durant les trois jours de vos travaux, c’est l’exigence du respect de nos textes fondamentaux. Vous avez fait un constat que je partage entièrement : les militants ne connaissent pas suffisamment les textes fondateurs de leur parti. Beaucoup y militent parce que le Parti est au pouvoir ; mais peu ceux qui seront prêts, j’en suis certain, surtout tous ceux qui nous ont infiltrés, pour le sacrifice suprême. Nettoyez vos rangs ! Avec les éclairages apportés au cours de ces assises, je présume que nous repartons désormais sur des bases plus solides, avec plus de détermination, surtout plus de transparence, plus de confiance en soi-même et en son parti, mus par des convictions profondes. Car un homme sans conviction est comme le capitaine ivre d’un bateau au milieu de l’océan. Nous devons nous approcher les uns des autres. Il ne doit pas avoir de rupture entre la base et le sommet. Une liaison permanente doit être maintenue.. Chacun sait désormais ce qu’il doit faire pour son parti, avant de demander ce que le parti doit faire pour lui. Militantes ; Militants ; Chers congressistes, Vos débats ont abordé un sujet que ma responsabilité de premier militant ne saurait éluder. Je veux parler des alliances. Le reproche qui est souvent fait à la hiérarchie du parti, c’est que ces alliances se font souvent au détriment des militants du MPS. En soi, ce sont des engagements dont l’exécution ou le respect réduisent la part de l’espace d’expression de nos militants. Soyons clairs ! Je crois que certaines alliances ne se justifient pas ou plus, au regard de la taille de l’allié. Il faut se demander aussi si ces alliances sont liées à une idéologie ou à autre chose ? Même si ces alliances nous ont permis de respecter les engagements de BAMINA abondamment traités au début de ce propos, il me parait important que le parti rénové révise et regarde les textes des alliances. Ceci donnera plus de tonus et plus d’espace démocratique et de pluralisme politique dans notre pays. Car le pluralisme, c’est le plus grand nombre possible de partis politiques et d’associations de la société civile. Ce sont ceux-là qui animent la vie politique et sociale. Il n’est pas sincère de se mouler ou de vouloir se mouler, d’être ensemble pour être ensemble, ou parce que, comme certains le disent, le MPS est une mangeoire, il faut y aller parce qu’il y a un gâteau à se partager. Non ! Le sens de l’alliance ne se pose pas à ce niveau. C’est le débat d’idée qui amène à lier une alliance, celui avec qui vous estimez être en accord, avec qui vous estimez pouvoir avoir un programme commun de société. C’est la règle du jeu et de l’alliance. Arrêtons, à partir de cet instant, de s’allier juste pour s’allier. C’est fini ! D’ailleurs, il y a une contradiction. Je préfère parler dans la plus grande transparence et avec honnêteté. J’ai constaté, et vous aussi, que certains de nos alliés sont plus sévères que nos opposants. Je me dis que quelqu’un qui participe, à tous les niveaux, à la gestion postélectorale du pays, et qui se livre à une critique sévère nuisible de la gestion est pire qu’un opposant. S’il n’est pas d’accord, qu’il l’exprime au grand jour, il est libre de claquer la porte et de partir. Ou bien, qu’il dénonce publiquement l’alliance, avec ses arguments pour que le peuple le sache. Il n’y a eu ni débat, ni critique, ni échange et on appelle la presse à son domicile. On pose « l’assiette » de l’alliance devant soi et on critique. Mon Dieu ! C’est la démocratie à géométrie variable. On est démocrates quand on est ensemble autour de la table et on ne l’est pas démocrate quand on la quitte. Après le départ, on clame : « Je ne vous ai jamais connu. Je n’ai rien fait. C’est plutôt toi ». C’est la preuve que nous n’avons pas la culture démocratique, politique dans notre pays. C’est aussi vrai que nous, Africains, avions connu les dictatures et que le passage de la dictature à la démocratie est une révolution que nous n’avons pas tous assimilé. La démocratie est une valeur universelle que nous nous avons tous épousée. Nous devrions bien apprendre à la gérer, cela avec une certaine éducation, une certaine éthique, une certaine culture. S’il fallait créer une école d’éducation à la démocratie, je demanderai qu’on la crée au Tchad. Sur cette question précise, j’ai souvent dénoncé l’absence de la culture démocratique dans notre pays. Il n’existe pas de débat contradictoire, les démocrates ne sont pas nombreux. Si vous n’êtes pas d’accord, proposez des idées, exposez-les. Si, ce n’est pas le cas, inutile de se réclamer démocrate. Evoquant l’alternance dans notre pays, franchement, j’aimerai bien partir avec une alternance. Mais les partis qui ont dix, quinze, vingt ans, le fils succède au père. Parfois, Il s’impose. Le débat est absent au sein de ces partis. Ils n’ont jamais organisé des réunions, des congrès. Les chefs les gèrent comme leur boutique. Un parti ne se gère pas comme une boutique. Je crois qu’ils ont beaucoup à apprendre. Un parti se gère exactement comme un pays. Il faut une alternance. Quand le moment arrive, il faut passer la main, c’est la règle ce n’est pas l’exception. L’alternance doit être inculquée à tous les niveaux de notre société depuis la présidence jusqu’au sein de nos partis politiques. Nous devrions accepter cela comme tel. Il ne peut y avoir de demi-mesure. Ceux qui s’imposent depuis 15, 20 ans à la tête de leur parti sans rendre compte, sans respecter les règles du jeu, sans organiser un congrès sont dangereux pour le pays. Chers camarades, Soyez vigilants sur l’appréciation des opportunités des alliances que nous offrira chaque situation politique concrète. C’est le lieu de remercier, du fond de mon cŒur, tous ceux de nos alliés qui ont, en tout temps, soutenu notre action sans arrière-pensée et avec lesquels nous poursuivrons notre lutte de renaissance du Tchad. Il y en a, mais pas beaucoup. S’agissant des alliances, je fais mienne votre préoccupation de tenir compte de notre ancrage idéologique dans la coopération avec les partis politiques des pays amis et frères. Au-delà de toute autre considération, l’Afrique, notre continent, qui est à la recherche de son unité, a besoin que les partis de tous les pays se rapprochent parce que c’est le creuset où tout se joue. Ces partis, en responsables, arrivent à tracer le destin de l’Afrique de demain. C’est dans ce cadre que l’ouverture avec les partis africains doit être large, au-delà de nos frontières, des partis qui ont les mêmes valeurs que nous. L’Afrique a besoin de cela et c’est maintenait qu’il faut commencer. Si nous avons des partis forts, à l’image de l’ANC qui a fêté son centenaire cette année, ce sont des repères assez importants pour apporter du nouveau en Afrique, pour qu’elle retrouve sa souveraineté, son identité, son unité, pour que cette Afrique, malmenée par la pauvreté, les maladies, les guerres, qu’elle arrive à sortir le peuple africain de tous ces maux. C’est pour cette raison que vous devriez élargir votre cercle d’amitié et de relations avec tous les politiques africains et au-delà, car le monde est devenu un village planétaire Nous avons donc besoin d’avoir des rapports de par le monde avec tous les partis qui partagent les mêmes idéaux que nous, mais pas pour être l’obligé de quelqu’un. C’est le lieu de vous révéler qu’à la création du MPS et fort de notre choix idéologique, nous nous étions engagés à nous inscrire à l’Internationale Socialiste. A Bamina, nous avions dit que les premiers pas qu’il fallait faire étaient d’aller vers les partis socialistes en Afrique et en Europe. Et nous avons inscrit dans notre programme, après la lutte armée, c’est nouer des relations avec les partis qui nous ressemblaient. Mais les vicissitudes des combats de terrain, l’euphorie de la victoire sur la dictature, l’infiltration de virus dans le parti, nous ont fait perdre de vue la démarche à faire. Certains compatriotes ont pu ainsi, par opportunisme ou par calcul, fonder de partis inspirés de notre idéologie et aller s’inscrire à l’Internationale Socialiste. Il y a même des situations incongrues dans lesquelles l’absence de vigilance nous a souvent conduits à coopérer avec des partis d’obédience libérale ou même ultra- libérale. Et malgré l’application de la social-démocratie dans notre politique à la tête de l’Etat, des partis partageant les mêmes idéaux nous ont combattu au nom des mêmes principes qui encadrent cette politique. Voila la raison qui me fait dire, du haut de cette tribune, qu’il nous faut une diplomatie partisane clarifiée, claire et conforme à nos convictions profondes définies à BAMINA et figurant en très bonne place dans nos statuts. Militantes ; Militants ; Chers amis ; Dans ce domaine de la coopération, il me faut dire quelques mots sur notre perception du rôle de notre continent sur l’échiquier international. Au moment où le monde dit développé est en proie à une crise profonde, l’Afrique apparaît comme l’endroit où les indicateurs macro-économiques sont florissants, tout au moins meilleurs. Mais est-ce pour autant que le niveau de vie des populations ait augmenté ? Je ne le pense pas. Quels que soient les taux de croissance qui ont été affichés, ou le taux de toute l’Afrique qui est positif, la vie des populations africaines n’a pas changé. Ce n’est pas une donnée universelle qui veut dire croissance égale absence de pauvreté. Même dans cette situation, notre continent continue malheureusement à être le plus marginalisé de la planète. Nous avons certes proclamé que le 21ème siècle est celui de l’Afrique. Mais dans ce monde globalisé, le contient cherche sa place dans le concert des nations. Nous ne devons pas verser dans l’afro-pessimisme. L’Afrique a des atouts réels, des richesses. Les Africains, qu’ils soient du continent ou de la diaspora, doivent mettre ensemble leurs compétences pour aborder un virage qualitatif et quantitatif vers plus d’unité et plus d’actions concrètes dans le développement socio-économique de l’Afrique. Aussi divisés que nous sommes, quelque soit le rôle qu’on donnera à l’Union africaine, si nous ne sommes pas entreprenants et confiants, et si nous n’avons pas notre place dans la gestion des affaires sur le plan mondial, nous serons toujours divisés. On trouvera toutes les formules possibles : bon élève, mauvais élève, dictateur, bon ami Et nous nous contentons de cela. Mais si on est bon élève, on l’est pour l’Afrique. L’Afrique doit participer au destin du monde. Un continent de 800 millions d’habitants et dans moins de 20 ans, nous serons 1 milliard. Nous avons participé aux deux guerres mondiales. Nos parents sont morts pour la apix. Et jusque-là, on nous refuse une place permanente au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies parce qu’à l’époque nous étions des colonisés. L’Afrique a contribué au monde libre par son sang, l’Afrique a contribué à la démocratie, l’Afrique a contribué par sa sueur au développement du monde. J’en appelle donc aux hommes politiques, aux intellectuels, aux travailleurs, à toutes les couches sociales, et aux Tchadiens, d’être fiers de leur appartenance à l’Afrique et de se battre pour son unité et son développement. Camarades militantes ; Camarades militants ; Chers amis congressistes ; Vous me permettrez de terminer mes propos en souhaitant à chacun une claire prise de conscience des responsabilités que le peuple tchadien a confiées au MPS. Au moment où je vous parle, nous assumons la quasi-totalité des responsabilités du pouvoir d’Etat. Sachons mieux les utiliser, pour mettre en Œuvre notre projet de société. Soyons des militants convaincus et fiers de leur parti. Soyons des citoyens modèles qui doivent donner l’exemple dans le respect d’autrui et de la chose publique. Je sais que chacun de vous a fait un examen de conscience pour s’engager dans cette nouvelle voie. Notre parti doit encore conquérir d’autres victoires. Nous sommes à mi-chemin de la ligne tracée à Bamina. Le pluralisme politique, c’est fait. La démocratie a pris place. La dictature s’est envolée. Et nous avons écrit, noir sur blanc, sur nos papiers au congrès de Bamina, tenu du 8 au 11 mars 1990, la forte décentralisation. Nous sommes à nos débuts. Nous venons d’organiser les élections locales. Le chemin reste long à parcourir. Nous aurons à organiser les élections régionales, départementales, voire cantonales, pour parachever le processus de la décentralisation de notre pays. Je souhaite que le parti s’implique pour que, d’ores et déjà, le gouvernement programme le recensement biométrique en 2013, de manière à tenir ces élections avant la fin de la même année et clôturer le processus avant mi-2014. Ainsi, le pays va se gérer par la démocratie à la base, avec le peuple, par le peuple et pour le peuple. Je compte honnêtement sur chacun de vous pour ne pas décevoir le peuple tchadien. VIVE LE MPS. VIVE LE TCHAD. Je vous remercie pour votre attention

Par: Le 21/10/2012 00:00