MUNICIPALITE :COMMUNICATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

MUNICIPALITE :COMMUNICATION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE

Monsieur le Délégué général du Gouvernement près de la Commune de N’Djaména ;
Madame le Maire de la Ville de N’Djamena ;
Mesdames et Messieurs, les Maires des Arrondissements ;
Messieurs et Mesdames ;

Je vous ai convoqué ce matin pour constater pour le déplorer, qu’aussi bien la commune de la ville que les dix communes d’Arrondissement de N’Djaména n’ont montré la pleine mesure de leur capacité à satisfaire les légitimes attentes des populations de notre cité capitale.

La municipalité de N’Djamena a trop en effet, trop de problèmes qui n’honorent pas les responsables des communes que vous êtes. Ce constat déplorable enregistré même par vos propres administrés n’est aujourd’hui, un secret pour personne.

Les informations qui me parviennent font état, le plus souvent des mésententes entre Mme le Maire et son 1er Adjoint soit avec le Maire 2ème Adjoint ou soit entre le Maire et les différents conseillers municipaux. Tantôt, l’on apprend que le Délégué général du gouvernement auprès de la commune et le maire principal sont à couteau tiré.

La situation dans les communes des dix arrondissements est en tout cas identique et peu reluisante sinon pire. Rares, sont les maires des communes qui communiquent, rendent compte régulièrement et quotidiennement à la hiérarchie ainsi qu’à leurs administrés.

Je ne comprends pas pourquoi  toutes ces querelles intestines alors que la population de N’Djamena attend beaucoup de vous pour faire de la capitale du Tchad, la vitrine de l’Afrique que nous souhaitons de tous nos cœurs. C’est des intérêts égoïstes et mercantiles que vous privilégiez au détriment, de l’intérêt général de la nation.

La mairie centrale de N’Djamena et les communes des dix arrondissements bénéficient, pourtant chacune, d’une autonomie de gestion mais l’on constate que la gestion est peu orthodoxe. Les ressources financières et autres biens de la municipalité sont partout mal gérées.

Le parc automobile et les matériels de la voirie municipale sont quasiment-inexistants. Les tracto-pelles,caterpillards,corbillards,bennes de ramassage de sable, camions poubelles de « N’Djamena Nadif  » bacs à ordures etc.…ont pratiquement disparu.

Les caniveaux et la plupart des canaux de drainage des eaux pluviales, les bassins de rétention d’eau, stations de pompage d’eau sont tous bouchés exposant ainsi, la population à toutes sortes de maladies dont notamment le paludisme et le choléra. Et c’est à l’approche des saisons de pluies qu’on fait semblant de les curer au grand dam de la population parce que tel a gagné le marché. Que constate-t-on encore au niveau du fonctionnement de la Mairie ? Les lampadaires ne sont pas du tout éclairés la nuit, plongeant N’Djamena dans une obscurité totale.( A propos, j’ouvre une parenthèse un pilote sénégalais, pilote d’un avion de grande ligne a déclaré, pour faire rire ses passagers, qu’il n’a pas de problème à l’atterrissage à N’Djamena parce que N’Djamena ressemble à un gros village la nuit pour la simple raison qu’il localise facilement la piste de l’aéroport international Hassan Djamouss).

Chaque période d’hivernage est vécue comme un cauchemar par beaucoup de nos concitoyens dans certains quartiers notamment les quartiers périphériques de  N’Djamena où le désarroi est à son comble. Le spectacle désolant des  populations sinistrées en pleine capitale faute de réalisations ou d’entretien des infrastructures de voirie urbaine et d’assainissement dont la gestion relève soit de l’incompétence de la commune de la ville de N’Djamena soit de celles des arrondissements. Ceci relève d’une incurie inacceptable pour des populations qui attendent plutôt des élus locaux d’œuvrer  à la promotion et à l’amélioration de leurs cadres de vie.

Les avenues avec des nids de poule sont balayées hâtivement ou pas du tout nettoyées. Le cas de l’avenue reliant le pont à double voie aux Rond-point Hamama et Gazelle dans le 7ème arrondissement est un exemple illustratif détestable à plus d’un titre. Cette Avenue est abandonnée à elle-même face à l’incapacité des usagers.

Il m’a été donné de constater que la mairie empiète sur les prérogatives du Ministère de l’Aménagement de l’Urbanisme et de l’Habitat et de celui des infrastructures bien ancrés dans ce domaine. L’on note l’affairisme, la corruption, le laisser-aller, l’arnaque. Dans nos marchés, la police municipale semble baissée la garde alors que Boko-Haram est toujours là à nos portes.

Les recettes de la mairie vont à 90% dans les poches des individus véreux bien identifiés dont le souci principal est de vider systématiquement, les caisses de la mairie. La situation que vit actuellement la Mairie de N’Djamena est grave.

La loi N° 009/PR/2005 portant statut particulier de la ville de N’Djamena est claire dans la répartition des compétences entre la mairie centrale et les communes d’arrondissement induisant la complémentarité des tâches. Il est donc nécessaire de tirer les leçons de cette situation fâcheuse  et de parer à ce glissement dangereux de nos communes  à l’anarchie.

Je rappelle  que ce désordre a pour origine entre autres :

-Le recrutement anarchique et abusif du personnel non qualifié dont la plupart est constitué, des parents et amis, rendant pléthorique l’effectif de l’institution;

-Les émissions de fausses factures, faux documents de valeurs confiés le plus souvent à des parents et bien d’autres connaissances, pour garnir leurs propres comptes ;

-Les indemnités non justifiées accordées sans respect des textes ;

-Les relations souvent conflictuelles entre les maires et conseillers municipaux ; C’est toute une panoplie de désordre et de gaspillage que nous  enregistrons presque chaque jour et qui mettent en mal, le bon fonctionnement de la mairie de N’Djamena.

Est-ce que c’est  le même dysfonctionnement dans les mairies des provinces ? Les enquêtes de missions nous édifieront certainement.

Face donc à cette situation désastreuse, je dis, il faut mette fin à ce désordre grandissant.

Des propositions de mesures urgentes sont à prendre en vue de mettre fin à ce chaos généralisé. C’est -à-dire il faut :

-Diminuer de manière drastique les effectifs ;

-Revoir en baisse les indemnités et salaires ;

-Cesser avec les missions improductives à l’extérieur du pays, des responsables de la Mairie centrale ;

-Toutes les niches de recettes de la Mairie doivent être visitées.

Dans ma communication, en plus du fonctionnement de la mairie, je ne saurais terminer mes propos en mettant un accent particulier, sur la sécurité des biens et des personnes au niveau de la ville de N’Djamena, une ville qui s’agrandit chaque jour. En votre qualité de premiers magistrats de la ville de N’Djamena, vous devez élargir vos rayons d’actions en communiquant avec le sultanat de N’Djamena, le Procureur de la République, les chefs de carré et autres chefs des communautés appelés chefs de race,  les délégués des quartiers pour le bien fondé bien évidemment des citoyens. Le maire n’a pas seulement sa place au bureau, il doit être sur le terrain.

Les responsables de la mairie doivent collaborer en ce sens, dans une parfaite harmonie avec la population, en vue de  permettre à chacun, de vaquer normalement à ses activités. La vigilance doit être observée partout.

En attendant des mesures fortes qui seront prises par le Gouvernement dans les prochains jours en vue de répondre aux attentes des populations, je vous exhorte à une collaboration franche et loyale ne laissant aucune place aux interminables conflits individuels.

La collaboration doit être comprise comme action concertée pour une programmation rationnelle des opérations et une participation enthousiaste aux tâches.

Chaque conseil municipal se doit de mettre un minimum de service de base efficace dans le cadre de son budget à même de satisfaire, les besoins fondamentaux des citoyens.
                                                   
Je vous remercie de votre attention.




Par: DGCOM Le 24/07/2018 10:48



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Flash Infos

  • La Conférence des Ambassadeurs édition 2019, a lieu à N’Djaména. Les Assises sont placées sous le thème : « renforcement de l’outil diplomatique face aux défis sécuritaires et de développement durable ». La cérémonie d’ouverture est présidée par le Chef de l’Etat IDRISS DEBY ITNO.