Célébration de la 27ème journée du CILSS

A l’occasion de la 27ème journée du CILSS célébrée ce 12 septembre 2012, le Président de la République IDRISS DEBY ITNO, Président en exercice du CILSS, a fait hier soir une déclaration Sahéliennes, sahéliens, C’est la 3ème année consécutive que j’ai le privilège de m’adresser à vous, en ma qualité de Président en exercice du Comité permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel, « le CILSS », à l’occasion de la célébration de sa journée anniversaire, ce 12 septembre 2012. C’est avec fierté et une immense joie, que j’annonce l’élargissement de l’espace CILSS, avec l’adhésion à notre organisation de quatre nouveaux Etats, à savoir : les Républiques sŒurs du Bénin, de Côte d’Ivoire, de Guinée et du Togo. En leur souhaitant une cordiale bienvenue dans la famille CILSS, je salue respectueusement l’esprit de solidarité et la vision de leurs Chefs d’Etat dans la communauté de notre destin. Pour ma présidence à la tête de notre organisation, ces adhésions constituent un réel motif de satisfaction dans l’accomplissement du mandat qui nous a été confié, et conforte nos convictions sur la pertinence du rôle de notre organisation commune, le CILSS, axé sur la sécurité alimentaire et la gestion des ressources naturelles dans un environnement caractérisé par le changement climatique. En m’adressant pour la première fois aux populations sŒurs de ces nouveaux pays membres, permettez-moi, en votre nom et en celui des Chefs d’Etat et de gouvernement des Etats membres du CILSS, de leur dire tout le bonheur que nous ressentons en les accueillant parmi nous. Qu’elles acceptent nos salutations fraternelles. Ensemble, et ensemble seulement, nous relèverons les défis majeurs qui nous interpellent, à savoir, le renforcement de la résilience des populations à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle, la gestion durable des ressources naturelles et la lutte contre les effets néfastes du changement climatique. Sahéliennes, sahéliens, La précédente campagne agricole a connu des baisses de production agricole dans la plupart de nos Etats. Le leadership dont a fait preuve notre organisation dans la lutte contre l’insécurité alimentaire, la dégradation des terres et les effets négatifs du changement climatique, grâce aux outils de prévision et de gestion qu’elle a développés, a permis de circonscrire une situation alimentaire difficile qui était de nature à s’aggraver avec l’insécurité civile observée dans la bande sahélo-saharienne. Ce résultat n’aurait pu être atteint sans l’accompagnement des partenaires au développement et surtout l’esprit de solidarité et de partage qui a prévalu entre nos Etats membres. S’il est indéniable que les pays sahéliens défavorisés par la nature importent les produits agricoles des pays côtiers, il est également établi que les pays côtiers importent aussi les productions animales des pays sahéliens. Notre appartenance à une organisation commune permettrait de mutualiser nos ressources humaines et économiques pour éradiquer l’insécurité alimentaire. C’est pourquoi, je fais du rapprochement entre le CILSS et la CEDEAO une de mes priorités. Car pour moi, c’est aux Africains qu’il revient de développer l’Afrique. Dans cette perspective, je continuerai à Œuvrer pour mener à terme le processus du rapprochement avec la CEDEAO et les autres institutions d’intégration régionale africaines. Face à la récurrence des crises alimentaires au Sahel et en Afrique de l’Ouest, nous n’avons pas d’autre choix que d’aller à l’unité. Nos pays sont de plus en plus vulnérables aux variations climatiques, d’où la nécessité pour nous d’assurer une meilleure maîtrise de l’eau et d’améliorer la productivité de nos terres arables. C’est ainsi que nous réaffirmons que l’initiative prise par les Chefs d’Etat et de Gouvernement du CILSS en 2004, relative à la Coalition mondiale sur l’eau au Sahel, exprime notre vision et constitue la réponse appropriée aux défis de maîtrise de l’eau. Cette vision, je l’ai réitérée lors du Forum mondial de l’eau, organisé en mars dernier à Marseille en France. Dans ce cadre, la sauvegarde ou la réhabilitation du Lac-Tchad, le dernier rempart contre les effets néfastes des perturbations climatiques du bassin forestier du Congo concerne la communauté internationale. Vous le savez autant que moi, le Lac-Tchad fait vivre directement ou indirectement des millions de personnes. Sahéliennes, Sahéliens, Au moment où nous nous apprêtons à sortir de cette situation alimentaire préoccupante, les perspectives pluviométriques de l’année en cours laissent présager de récoltes moyennes à bonnes pour l’année 2012-2013. Toutefois, ces prévisions optimistes pourraient être durement compromises par une menace d’invasion acridienne qui s’installe progressivement dans la bande sahélienne et qui peut s’étendre aux zones plus humides, à la faveur de la bonne pluviométrie. D’ores et déjà, des actions sont entreprises par les Etats avec le concours de nos partenaires au développement pour faire face à ce péril acridien. C’est dans ce contexte que la 27ème journée du CILSS que nous commémorons cette année est placée sous le thème : « Le stockage de proximité, un instrument approprié pour une assurance alimentaire au Sahel et en Afrique de l’Ouest ». Le choix de ce thème peut s’expliquer aisément. En effet, les espaces sahélien et ouest africain sont confrontés régulièrement à des situations alimentaires préoccupantes en raison de la forte dépendance de notre agriculture à la saison des pluies. Le changement climatique va sans doute accentuer cette tendance. Au Sahel et dans la région ouest-africaine, la persistance et la fréquence des déficits céréaliers, notamment ceux enregistrés en 2005, en 2008 et en 2011, ont fait ressurgir la nécessité, voire l’urgence d’une politique de stockage plus structurée dans nos pays respectifs et au niveau régional. Cette situation a relancé la réflexion que mènent le CILSS et ses partenaires depuis plus d’une décennie sur la promotion de la gouvernance locale de la sécurité alimentaire. Il s’agit de la constitution des stocks de proximité en tant qu’instruments décentralisés de prévention et de gestion des crises qui implique la responsabilisation des populations rurales en tant qu’actrices centrales de développement, dans un partenariat effectif avec l’administration et les services de l’Etat en général. Les bonnes et mauvaises campagnes agricoles s’alternant, la constitution de stocks alimentaires de proximité permet, d’une part, de réguler les prix sur les marchés et, d’autre part, de renforcer la résilience des populations à l’insécurité alimentaire, en année de mauvaise production agricole. Par ailleurs, la bonne coordination nationale et régionale de la gestion des stocks peut garantir l’accessibilité aux denrées alimentaires des ménages les plus vulnérables par une meilleure maîtrise de la volatilité des prix qui constitue un défi majeur à l’insécurité alimentaire. Aussi, m’investirai-je, au cours de ce second mandat, à rechercher auprès des partenaires au développement un engagement plus fort à nos côtés, en faveur de la maîtrise de l’eau, la gestion intégrée des ressources naturelles, l’amélioration de la production, l’accès aux marchés et la réduction des pertes post récolte. M’adressant particulièrement à la communauté des partenaires techniques et financiers toujours disponibles, je voudrais les remercier pour leur présence à nos côtés qui nous conforte dans notre démarche. Les nouveaux enjeux dans l’espace sahélien et ouest africain prouvent à suffisance que le mandat du CILSS reste toujours d’actualité et requiert plus d’attention de la part de nos partenaires. Sahéliennes, Sahéliens, La célébration de la 27eme journée du CILSS a lieu au moment où la République du Mali, membre fondateur de notre organisation qui a énormément contribué à son développement, vit la plus grave crise de son histoire. En effet, le Nord du Mali est occupé par des terroristes qui utilisent l’islam, religion de paix et de pardon, pour semer la terreur, détruire les monuments millénaires et asservir les femmes et les enfants. Maintenant que le Mali s’est doté d’un Gouvernement d’Union Nationale, il est du devoir de la communauté internationale de se mobiliser sans délai pour l’aider et l’accompagner à retrouver son intégrité territoriale, sa souveraineté et son unité. Je profite de l’opportunité que m’offre la célébration de la 27éme journée du CILSS pour exprimer notre solidarité aux populations du Nord du Mali, victimes de la barbarie. Unis, nous serons plus forts. Unis, nous relèverons les défis qui nous interpellent. Vive le CILSS ; Vive la solidarité régionale ; Vive la solidarité internationale. Je vous remercie.

Par: Le 12/09/2012 00:00