20 juin 2012 :DISCOURS INTEGRAL DU PRESIDENT IDRISS DEBY ITNO AU SOMMET DE RIO+20

La Conférence des Nations Unies sur le développement durable « RIO+20 » s’est ouverte ce mercredi à Rio de Janeiro au Brésil. Plusieurs déclarations ont marqué la cérémonie inaugurale dont celle du Président de la République IDRISS DEBY ITNO. Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ; Monsieur le Secrétaire Général de l’Organisation des Nations-Unies ; C’est un honneur et une fierté, au nom du peuple tchadien et de son Gouvernement, de prendre la parole devant cette auguste assemblée de la Conférence des Nations Unies sur le Développement Durable. Permettez-moi, tout d’abord, d’adresser, au nom de la délégation tchadienne qui m’accompagne, mes félicitations et mes remerciements à la Présidente de la République Fédérale du Brésil, au Gouvernement et au peuple brésiliens, pour avoir accepté une nouvelle fois, vingt ans après, d’accueillir la Conférence sur le Développement Durable, et pour toutes les marques d’attention dont nous sommes l’objet depuis notre arrivée à Rio de Janeiro.Permettez-moi aussi de féliciter vivement le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur BAN KI-MOON pour son engagement dans l’organisation efficace de cette importante Conférence sur le Développement Durable. Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ; Mesdames, Messieurs, Vingt ans après la première Conférence sur la terre, nous sommes réunis ici, pour débattre de l’avenir de notre planète. En ma qualité de Président en exercice de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale (CEEAC);, du Comité Permanent Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel (CILSS); et de l’Autorité du Bassin du Niger (ABN);, je mesure la gravité de la situation de précarité écologique, doublée d’une conjoncture économique difficile, dans laquelle évoluent les pays africains. Mon pays, le Tchad, situé au cŒur de l’Afrique, est le verrou continental contre l’avancée galopante du désert. Il est aussi le dernier rempart contre les effets néfastes des perturbations climatiques du bassin forestier du Congo, deuxième poumon de notre planète, et contre la perte effrénée de la diversité biologique. Solidaire avec la Communauté internationale, il a signé et ratifié les trois (3); Conventions jumelles de Rio de Janeiro, s’engageant ainsi à en assurer leur mise en Œuvre effective. Tous nos efforts visent à assurer un développement durable dans un environnement préservé. Dans le souci de dégager les priorités dont la mise en Œuvre permettra de poursuivre nos efforts de protection de l’environnement et le développement durable du monde rural qui constitue plus de 80% de la population tchadienne, nous avons décidé de consacrer les trois premières années de notre quinquennat à sa promotion et à son bien-être. Cette politique volontariste inclut la lutte contre la pauvreté et bien évidemment l’intégration de l’économie verte. A cet effet, le Gouvernement de la République du Tchad a organisé d’importantes rencontres: Il s’agit entre autres du premier Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement sur l’Initiative de la Grande Muraille Verte, du Forum sur la promotion du monde rural ; du Forum International sur les Energies Renouvelables, du Forum national sur la santé et du Forum pharmaceutique international. Pays en développement cité parmi les Pays les Moins Avancés, le Tchad a une économie caractérisée par la prédominance des activités du secteur rural, un secteur dont l’évolution dépend essentiellement des conditions géo-climatiques. Malgré son entrée, depuis 2003, dans le cercle des pays producteurs de pétrole, ses priorités demeurent orientées vers le développement du monde rural, toujours prioritaire dans la répartition des ressources pétrolières. Conséquemment, la promotion effective de l’économie verte y est porteuse de grands espoirs. Mesdames, Messieurs, Dans la perspective de la Conférence sur le Développement Durable, mon pays a pris une part active aux différentes rencontres africaines préparatoires à « RIO plus 20 ». C’est dire qu’il réaffirme son soutien sans faille à la position commune africaine sur les différents points inscrits à l’ordre du jour et dont la République sŒur du CONGO en est le porte-voix. Tout en partageant la pertinence du thème de la Conférence, à savoir l’économie verte dans le contexte du Développement Durable et de l’éradication de la pauvreté, la République du Tchad réaffirme également son engagement politique à la mise en Œuvre de l’Agenda 21 et des trois (3); Conventions de RIO. Et pour assurer la transition positive des économies traditionnelles vers une économie verte, notre engagement s’exprimera à travers l’adoption et la mise en Œuvre des mesures concrètes qui concernent particulièrement : -le renforcement des secteurs prioritaires de l’économie verte, le développement de nouveaux projets verts et la coopération internationale, notamment sud-sud ; -la mise en place d’une stratégie de renforcement des capacités des institutions publiques, privées, des collectivités territoriales décentralisées et des organisations de la société civile ainsi que l’adoption d’une approche de concertation et de partenariat entre les différents acteurs ; -la mise en place d’un partenariat national pour le Développement Durable et d’un système de suivi-évaluation participative ; -l’adoption et la mise en Œuvre d’une stratégie de mobilisation des fonds, avec des financements innovants, tant à l’échelle nationale que sous-régionale et internationale ; -la promotion de la recherche-développement-formation et des emplois verts. Mesdames, Messieurs, Notre monde vit de réelles menaces écologiques et il est de notre devoir d’agir, dans la solidarité, pour le bien-être des générations actuelle et future. Pour ce faire, je vous annonce et par la même occasion vous convie à l’atelier sur la réhabilitation du Lac- Tchad, cette mer intérieure qui est aujourd’hui menacée de disparition, atelier qui aura lieu, demain, le 21 juin, en marge de cette conférence. Enfin, je souhaite vivement que les principales conclusions auxquelles nous parviendrons au sortir de la présente Conférence soient, en termes de solutions réalistes et réalisables, à la hauteur de l’ampleur des phénomènes naturels de la désertification, de la dégradation des terres, de la perte de la diversité biologique et des perturbations climatiques. Il est, en effet, temps d’agir pour la survie des milliards d’habitants victimes de ces phénomènes qui mettent à mal nos efforts de croissance économique, d’équité sociale et de protection de l’environnement. Je vous remercie.

Par: Le 20/06/2012 00:00