16eme sommet de la Francophonie :Discours de son Excellence IDRISS DEBY ITNO, Président en exercice de l’Union Africaine.
- Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;
- Madame la Secrétaire Générale de la Francophonie ;
- Distingués invités ;
- Mesdames et Messieurs.
Je voudrais exprimer à mon frère le Président HERY, au gouvernement et au peuple malgache, ma haute appréciation de l’accueil chaleureux et des dispositions prises pour l’excellente organisation de ces assises.
Je voudrais aussi féliciter Madame la Secrétaire Générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie pour son investissement personnel au rayonnement notre organisation.
La majorité des Etats membres de l’OIF sont africains, membres de l’Union Africaine, organisation que j’ai l’honneur de présider.
Aussi ai-je honneur de m’adresser à cet auguste assemblée en ma double qualité de Président de la République du Tchad et de Président en exercice de l’Union Africaine.
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs.
La tenue de ce sommet de la Francophonie intervient dans un contexte difficile. Il l’est davantage aux Etats africains qui sont confrontés à une triple crise sécuritaire, économique et environnementale sans précédent.
En effet, l’Afrique est devenue l’un des théâtres du terrorisme et de la criminalité transfrontalière. L’exemple de l’espace sahel dont les pays sont majoritairement francophones en est l’illustration.
Face à ces défis graves qui hypothèquent sérieusement son émergence voire son existence, le continent africain s’organise à travers l’Union Africaine, ses communautés économiques régionales et ses Etats membres pour y apporter des solutions.
Au plan sécuritaire, l’Union Africaine dispose d’instruments appropriés. Il s’agit entre autres de l’Architecture africaine de paix et de sécurité qui prévoit la mise en place des Forces régionales dites Forces Africaines en Attente, la Capacité Africaine de Réponse Immédiate aux Crises (CARIC) et le processus de Nouakchott sur la coopération en matière sécuritaire.
Je tiens à préciser que l’Union Africaine a été ces dernières années aux avant-postes dans deux pays francophones en mettant en place la MISCA (Mission de soutien à la Centrafrique) et la MISMA (Mission de Soutien au Mali).
Ces deux missions sous conduite africaine ont aidé à stabiliser la situation dans ces pays avant d’être transformées par la suite en missions de paix des Nations Unies.
Je voudrais aussi relever que les troupes qui composent l’AMISOM en Somalie sont exclusivement africaines.
Il en est de même de la brigade de la MONUSCO composée de contingents africains et qui a accompli un excellent travail en RDC. Ce grand pays francophone doit être soutenue dans ses efforts de paix et de stabilité. Et je voudrais saluer l’accord conclu entre le Gouvernement et l’opposition avec la facilitation de l’Union Africaine.
L’expérience enrichissante de ces missions doit amener les partenaires à soutenir les efforts de l’Afrique visant à assurer sa propre sécurité.
Il y a aussi lieu de noter l’existence de cadres de coopération en matière de sécurité qui sont mis en place au niveau régional à l’image de la Force Multinationale Mixte dans le Bassin du Lac Tchad.
Il en est de même du G5 Sahel qui regroupe 5 pays africains francophones à savoir le Niger, la Mauritanie, le Mali, le Burkina et le Tchad qui a décidé de mettre en place une force mixte dédiée à la lutte contre les groupes terroristes, les criminels et autres trafiquants.
Les pays du G5 Sahel sollicitent le soutien actif de la communauté francophone ainsi que celui de l’ensemble de la communauté internationale pour lutter efficacement contre ces phénomènes qui mettent à rude épreuve la paix et la stabilité et compromettent gravement le développement de ces Etats.
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs.
Au plan environnemental, l’Afrique est confrontée à un défi énorme qui est celui du changement climatique. Ce qui se traduit par la sécheresse, la désertification, la déforestation, le phénomène el niño, l’assèchement et l’ensablement des cours d’eau.
Les effets conjugués de l’insécurité, du terrorisme et du changement climatique exacerbent la pauvreté et le sous-développement dans notre continent.
Les vagues migratoires des jeunes africains vers l’Occident dont des milliers périssent dans la mer est l’une des conséquences dramatiques de ces phénomènes.
C’est pourquoi, nous devrons agir au mieux et au plus vite si nous voulons construire un monde stable où nos peuples pourront vivre sans crainte et s’épanouir de manière durable.
C’est en ce sens que se situe la pertinence du thème de ce sommet de la Francophonie : « Croissance partagée et développement responsable : les conditions de la stabilité du monde et de l’espace francophone ».
Il est indéniable qu'il y a un lien étroit entre développement et sécurité qui sont, en somme, la face d’une seule et même réalité.
La Francophonie qui se veut une organisation des peuples devrait davantage faire montre de solidarité agissante aussi bien dans le domaine de la sécurité, du développement que celui de la lutte contre le changement climatique.
On ne peut tenir ce pari de développement partagé sans prendre en compte les préoccupations et aspirations des jeunes et des femmes qui sont les vecteurs du progrès et de la croissance.
Je voudrais, à cet égard, me féliciter de l’intérêt grandissant que notre organisation accorde à la problématique de l’emploi des jeunes et des femmes.
Nous devrons décupler nos efforts pour créer de l’emploi aux jeunes et aux femmes afin de les soustraire à la précarité matérielle, à la migration et au radicalisme en vogue dans notre monde.
Distingués invités ;
Mesdames et Messieurs.
Je voudrais saluer les actions positives de l’OIF en matière de formation, de gouvernance, du renforcement de l’Etat de droit, de la prévention des conflits et d’appui aux processus électoraux.
Je souhaite que toutes ces actions bénéfiques soient menées en concertation avec l’Union Africaine qui dispose d’instruments pertinents à cet effet.
Pour finir mon propos, permettez-moi d’exprimer ma joie de me trouver aujourd’hui, dans cette île célèbre qui a contribué à l’épanouissement de la Francophonie et à l ‘émancipation de l’Homme africain.
Madagascar a donné à l’Afrique et au monde francophone de brillants poètes tel Jacques RABENANANDJARA, des dramaturges comme Michel RAKOTOSON et un journaliste et biographe que j’ai eu l’honneur de rencontrer, en la personne de Sennen ANDRIAMIRADO.
Puisse le sommet d’Antananarivo être celui de la solidarité agissante et des actions concrètes.
Je souhaite pleins succès à nos travaux.
Je vous remercie.
Par: DGCOM Le 26/11/2016 14:50
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