Discours d'ouverture du 13ème Forum pharmaceutique international

"Mon ambition, clairement affichée, est de viser l’atteinte des OMD dans ce domaine. Sachant que 80% de nos populations vivent en dehors des villes, j’ai décidé de faire de la santé, le pilier du développement rural, qui est au centre de mon programme politique, au cours de ce quinquennat." a déclaré le Chef de l'Etat Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement ; Madame la Première Dame ; Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale ; Mesdames et Messieurs les Présidents des Grandes Institutions ; Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement ; Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations Internationales et Non Gouvernementales ; Distingués invités, Mesdames, Messieurs ; Chers participants. C’est pour moi un agréable plaisir de vous recevoir à N’Djaména à l’occasion de ce 13ème Forum International Pharmaceutique. Ma satisfaction est d’autant plus grande que cet événement s’inscrit dans la continuité logique du Forum International sur la Santé dont j’ai eu le grand honneur de présider les cérémonies d’ouverture et de clôture ici même, il y a exactement quarante jours. J’adresse à cet effet ma profonde gratitude à tous les membres des instances réunissant les pharmaciens d’Afrique, pour le choix qui a été porté sur mon pays pour abriter le présent Forum. Souhaitant la bienvenue à tous et à toutes, je voudrais relever que ce Forum qui se tient à la suite d’autres grands événements internationaux, sous-régionaux et nationaux, prouve si besoin en était encore, que le Tchad, pays de Toumaï, berceau de l’humanité, est désormais un pays en paix, réconcilié avec lui-même, soucieux du bien-être de ses populations et pleinement impliqué dans la recherche des voies et moyens pour un développement intégré et harmonieux du continent africain. Distingués invités, Mesdames, Messieurs, A la faveur de la paix retrouvée, et pour ne parler que du domaine de la santé qui nous intéresse aujourd’hui, il convient de vous informer que d’importants investissements sont réalisés au Tchad d’année en année, avec l’aide de nos partenaires au développement, mais surtout sur nos propres ressources, tant en termes d’infrastructures, d’équipements, que de renforcement des capacités. Mon ambition, clairement affichée, est de viser l’atteinte des OMD dans ce domaine. Sachant que 80% de nos populations vivent en dehors des villes, j’ai décidé de faire de la santé, le pilier du développement rural, qui est au centre de mon programme politique, au cours de ce quinquennat. A cet effet et en matière d’infrastructures socio-sanitaires, mon objectif est de rapprocher les patients potentiels de leurs lieux de traitement en mettant à leur disposition, au moins un centre de santé dans chaque agglomération rurale d’importance, pour y être médicalement pris en charge. S’agissant de N’Djaména, notre capitale, elle abrite déjà des formations sanitaires de classe internationale opérationnelles ou en cours de construction. Ces infrastructures doivent être nécessairement accompagnées de la mise à disposition de locaux appropriés pour le logement des personnels de santé qui y seront affectés, avec une priorité donnée aujourd’hui aux médecins. De même, nous accordons une attention particulière à la mise en place des équipements et à la formation pour rendre immédiatement et parfaitement opérationnelles toutes les formations sanitaires créées. C’est aussi la raison qui m’a amené à exiger désormais, le recours à l’énergie solaire pour l’alimentation des Centres de santé dans le but en particulier, d’une meilleure conservation des vaccins. Distingués invités, Mesdames, Messieurs, Depuis plusieurs années, je veille à ce que des crédits conséquents soient inscrits au budget de l’Etat pour renforcer et rendre effective la gratuité de certains traitements au nombre desquels les soins de première urgence, les frais d’accouchement et les antirétroviraux pour les personnes vivant avec le VIH. J’ai donné des instructions très précises au Gouvernement pour qu’il mette en Œuvre tous les moyens nécessaires pour la prévention des maladies, la santé de la reproduction, la santé de l’enfant et la lutte contre la mortalité infantile. Ainsi, lors des campagnes de vaccination, l’objectif constamment recherché, est d’élargir la couverture vaccinale pour atteindre le maximum de personnes avec une meilleure prise en charge des populations nomades en particulier. La présence sur notre territoire, des personnes en provenance de pays voisins et notamment des réfugiés nous impose des efforts supplémentaires que nous assumons. Il est, en outre, accordé une surveillance particulièrement attentive à certaines maladies telles que la poliomyélite, la tuberculose et le paludisme. Toutefois, je me dois de reconnaître humblement que malgré les efforts consentis par l’Etat, beaucoup reste à faire en matière de santé publique. Cela nécessite l’action conjuguée des Etats, des partenaires au développement et des Organisations sous régionales, car la maladie, s’agissant des épidémies, n’a pas de frontière. C’est la raison pour laquelle, à l’instar de la grande majorité des pays africains concernés par cette question, j’adhère pleinement à la problématique de l’accès au médicament que vous avez retenu comme thème pour cette édition et vous félicite pour ce choix. Le Tchad, pays sahélien, enclavé, durement soumis aux aléas climatiques et extrêmement dépendant d’un approvisionnement extérieur en médicaments et produits de santé, attend avec un intérêt particulier les conclusions qui s’en dégageront. En effet, malgré l’importance des investissements et des actions que nous avons initiés et dont je viens d’en rappeler quelques unes, force est de reconnaitre que de contraintes sérieuses entravent nos efforts: -Premièrement : le coût des médicaments qui reste à un niveau prohibitif pour le commun des Tchadiens, du fait de l’enclavement et de la position géographique de notre pays ; -Deuxièmement : la qualité des médicaments, avec la prolifération des faux, qui oblige le Gouvernement à engager une lutte permanente contre la vente illicite des médicaments souvent inactifs et surtout très nocifs pour les populations ; -Enfin troisièmement, leur disponibilité en temps et en heure lorsqu’il faut intervenir, sur les 1. 284 000 kilomètres carré qui composent ce grand pays. Distingués invités, Mesdames, Messieurs, Je reste convaincu qu’il ne peut y avoir de développement sans la santé ; mieux, je doute qu’il soit possible de se développer sans disposer d’un esprit sain dans un corps sain. Compte tenu de ce contexte particulier et des difficultés que le Tchad partage certainement avec beaucoup d’autres pays sur cette question de l’accessibilité aux médicaments à faible coût et de qualité, la tenue du présent Forum me paraît amplement justifiée. Au terme d’une réflexion qui a été menée en interne, je vous informe qu’avant la fin de cette année, je vais poser la première pierre pour la construction d’une usine pour la fabrication des médicaments de base au Tchad. Profitant de cette opportunité que m’offre votre Forum, je lance un appel en direction des autres pays de la sous-région ici représentés afin qu’ils sassocient à nous pour ce projet, dans une optique sous régionale, afin de disposer d’une unité industrielle conséquente et économiquement rentable, au service de nos populations. Je tiens à préciser enfin que je serai particulièrement attentif aux conclusions qui seront tirées de vos assises, notamment celles qui iront dans le sens d’une baisse effective du coût des produits pharmaceutiques. Je souhaite également que des résolutions et des mesures concrètes soient prises par vous, pharmaciens et pharmaciennes, en vue de renforcer votre rôle, aux côtés de l’Etat, afin de juguler l’expansion des maladies endémiques qui sont de véritables freins au développement socioéconomique de notre continent. En souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare ouvert le 13ème Forum International Pharmaceutique de N’Djaména. Je vous remercie

Par: Le 05/06/2012 00:00