Allocution de SEM IDRISS DEBY ITNO, Président en exercice de l’U A, à l’ouverture des travaux de la réunion du Comité de Haut Niveau de l’Union Africaine sur la Libye

Allocution de SEM IDRISS DEBY ITNO, Président en exercice de l’U A, à l’ouverture des travaux de la réunion du Comité de Haut Niveau de l’Union Africaine sur la Libye

Excellences Messieurs les Chefs d’Etat et de délégation
Madame la Présidente de la Commission de l’Union Africaine
Monsieur le Commissaire à la Paix et à la Sécurité
Monsieur le Président Kikwete, Envoyé Spécial de l’UA pour la Libye
Monsieur le Représentant Spécial du Secrétaire Général de l’ONU en Libye

Distingués invités
Mesdames, Messieurs

Je voudrais, très sincèrement, vous remercier tous d’avoir pris un peu de votre précieux temps, en dépit de vos calendriers très chargés, pour prendre part à cette première réunion du Haut Comité de l’Union Africaine sur la Libye.
Je remercie également la Commission de l’Union Africaine et le pays hôte d’avoir pris toutes les dispositions pour le bon déroulement de nos assises.

Excellences
Mesdames, Messieurs,

Comme convenu en septembre dernier à New York lors de notre réunion de concertation sur la Libye, la présente rencontre vise à explorer les voies et moyens nous permettant d’aider efficacement nos frères libyens à sortir de la profonde crise dans laquelle se trouve plongé leur pays depuis plus de cinq ans.

Je voudrais à cet égard saluer les efforts inlassables fournis aussi bien par l’Union Africaine, les pays voisins de la Libye que par le Président Kikwete, en sa qualité d’Envoyé Spécial dont le rapport est inscrit à l’ordre du jour de la présente réunion.  
Excellences
Mesdames, Messieurs,

Avec la signature de l’Accord de Skhirat, sous l’égide des Nations Unies, en décembre 2015, et la mise en place, fin mars 2016, d’un gouvernement d’Entente nationale à Tripoli, nous avions tous cru au succès du processus de paix en Libye.

Cependant, nous constatons que de profondes divergences persistent toujours entre les acteurs libyens, et la paix est loin d’être une réalité dans ce pays.

La situation en Libye est très complexe. Il y a une absence  d’homogénéité dans les deux camps avec chacun une multitude d’acteurs politiques et militaires, aux intérêts divergents, voire contradictoires.
 
Malgré les intenses et louables efforts de la communauté internationale, le Gouvernement d’Entente nationale n’a pas reçu à ce jour, le vote de confiance du Parlement libyen à cause d’interprétations divergentes des textes de l’Accord et de la Déclaration constitutionnelle.

Comme nous le savons tous, le cycle de violences et de tensions intercommunautaires, la prolifération des milices armées, le développement du terrorisme aggravé par la forte présence de Daech et le trafic des migrants hypothèquent  gravement l’avenir de la Libye.

Bien plus, ces facteurs mettent en péril la sécurité et la stabilité dans toute la zone sahélo-saharienne.

L’Afrique est aujourd’hui fortement affectée par les conséquences désastreuses de la crise libyenne aux plans sécuritaire, humanitaire et économique. Point n’est besoin d’expliquer le sens de son initiative et le rôle primordial que le continent doit jouer dans le règlement du conflit libyen.

Conscients de la gravité de la situation, l’Union Africaine et les pays voisins de la Libye n’ont ménagé aucun effort pour appuyer la communauté internationale dans la recherche d’une réconciliation entre frères libyens.

Ces efforts se traduisent entre autres par la création d’un Groupe de contact international sur la Libye, l’institution de la réunion des Ministres des Affaires Etrangères des pays voisins se tenant à tour de rôle dans chacun de ces pays et la désignation d’un Envoyé Spécial de l’U.A pour la Libye en la personne du Président Kikwete en janvier 2016.

A cet égard, nous nous félicitions de la nouvelle dynamique visant à impliquer davantage les acteurs régionaux. De même, nous saluons la tenue, au Caire, le 25 octobre dernier, de la réunion inaugurale de la Troïka composée de l’Union Africaine, de la Ligue Arabe et des Nations Unies, conformément aux conclusions de la 9ème réunion ministérielle des pays voisins qui a eu lieu à Niamey.

Nous osons espérer que cette approche tripartite permettra à la communauté internationale de travailler désormais en synergie pour donner une nouvelle impulsion aux négociations inter libyennes aux fins d’amener les acteurs libyens à s’engager résolument dans le processus de paix.

L’Union Africaine et la Ligue des Etats Arabes qui ont chacune  des avantages comparatifs peuvent bien jouer un rôle déterminant dans le dénouement du conflit.

Excellences
Mesdames, Messieurs,

Dans la perspective du règlement du conflit, l’Union Africaine inscrit son action dans un élan de solidarité et d’appui constant au processus politique en cours sous l’égide des Nations Unies, et réaffirme l’importance des consultations permanentes entre tous les partenaires internationaux.

L’objectif est d’amener les parties prenantes libyennes à participer de bonne foi et de manière constructive au dialogue afin de mettre un terme à la crise.

A cet effet, nous soulignons l’impérieuse nécessité de la remise sur les rails du processus de transition, dans le cadre de l’Accord politique pour sortir de l’impasse institutionnelle.

Il est de la responsabilité des acteurs politiques libyens d’éviter à leur peuple de nouvelles souffrances, et de préserver l’unité, l’intégrité territoriale et la cohésion de leur pays.

Nous sommes certains que nos frères libyens sont tous conscients que pour une sortie de crise rapide, ils doivent se prémunir contre les ingérences et agendas étrangers.

Nous demeurons convaincus qu’il ne peut y avoir de solution militaire à la crise libyenne, et cela doit être compris par toutes les parties prenantes qui doivent mettre l’intérêt supérieur de leur pays au dessus de toutes les considérations partisanes.

Nous demandons avec insistance à tous les acteurs politiques libyens de faire preuve de responsabilité et de flexibilité pour sauver la transition politique par la formation d’un gouvernement inclusif et consensuel susceptible de jeter les bases de nouvelles institutions viables et solides.  

Dans cette optique, nous devons mettre un accent particulier sur une sortie de crise globale et inclusive intégrant tous les aspects institutionnels, politiques et sécuritaires, prenant en compte les composantes régionales et communautaires de la Libye.

A cet effet, conformément à la Décision 612 adoptée lors du sommet  tenu en juillet dernier à Kigali, l’Union Africaine, se propose de réunir, dans les meilleurs délais, toutes les parties prenantes libyennes, sans exclusion aucune, pour leur permettre d’engager un dialogue franc et direct sur la mise en œuvre effective de l’Accord politique.

A ce titre, nous avons le devoir de nous investir pour rapprocher les positions des uns et des autres afin de les faire parvenir à une solution de compromis, susceptible de mettre fin à la crise institutionnelle et politique paralysant le processus de transition.

En attendant de fixer, dans les jours à venir, la date de cette rencontre, en accord avec les parties libyennes concernées, nous demandons instamment à tous les partenaires internationaux d’appuyer fortement cette initiative africaine.

Excellences
Mesdames, Messieurs,

L’Union Africaine entend peser de tout son poids pour faire aboutir l’effort collectif de la communauté internationale visant à rétablir la paix et la stabilité en Libye à travers la mise en place d’un gouvernement consensuel de transition, condition sine qua non pour régler toutes les questions politiques et sécuritaires vitales en suspens.

Sur ce, tout en nous souhaitant des échanges fructueux et constructifs, je déclare ouverts les travaux de la réunion du Comité de Haut Niveau de l’Union Africaine sur la Libye.

Je vous remercie.




Par: DGCOM Le 08/11/2016 11:43



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Flash Infos

  • La Conférence des Ambassadeurs édition 2019, a lieu à N’Djaména. Les Assises sont placées sous le thème : « renforcement de l’outil diplomatique face aux défis sécuritaires et de développement durable ». La cérémonie d’ouverture est présidée par le Chef de l’Etat IDRISS DEBY ITNO.