MOT DE SON EXCELLENCE LE CHEF DE L’ETAT, PRESIDENT EN EXERCICE DE L'UA A LA REUNION DE HAUT NIVEAU SUR LA GESTION DES DEPLACEMENTS MASSIFS DE REFUGIES ET DES MIGRANTS.
Mesdames, Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement ;
Distingués Invités ;
Mesdames, Messieurs ;
Je voudrais remercier le Secrétaire général Ban ki-Moon pour avoir convoqué cette réunion de haut Niveau sur les déplacements massifs de réfugiés et de migrants qui, faut- il le rappeler, s’inscrit dans la droite ligne du Sommet Mondial Humanitaire qui s’est tenu il y a quatre mois à Istanbul.
Le Sommet d’Istanbul placé sous le thème « une seule humanité, des responsabilités partagées » a été une occasion pour l’ensemble de la Communauté internationale de renouveler son engagement pour prendre à bras le corps l’épineuse question de l’humanitaire.
Lors de ce Sommet, les dirigeants du monde entier ont pris leurs responsabilités à l’égard de la population mondiale en s’engageant notamment à faire avancer le Programme d’action pour l’humanité élaboré par le Secrétaire général.
Mesdames, Messieurs ;
Des millions d’hommes, surtout des femmes et des enfants sont les victimes innocentes des conflits et des catastrophes naturelles de tout genre les obligeant à fuir leurs domiciles dans des conditions dramatiques. L’Afrique est l’un des théâtres de cette tragédie.
Mon pays le Tchad illustre à merveille la problématique de l’humanitaire aujourd’hui. Entouré de foyers de tensions, le Tchad accueille depuis plus d’une décennie des centaines de milliers de personnes réfugiées et déplacées.
Est –il besoin de le souligner, le Tchad est le troisième pays en Afrique après le Kenya et l’Ethiopie, qui accueille sur son territoire un nombre considérable de réfugiés estimé à plus de 750 000 personnes et ce depuis 2003 à nos jours.
A cela s’ajoutent les 130 000 retournés tchadiens de la République Centrafricaine qui attendent encore leur réinsertion dans leurs zones respectives d’accueil sur le territoire national.
L’un des premiers pays à avoir ratifié la Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées, le Tchad conformément à ses engagements internationaux et avec l’appui de ses partenaires notamment les Nations unies, l’Union européenne, l’Organisation Internationale des Migrations, a apporté l’aide d’urgence en offrant l’accueil et la protection nécessaires aux déplacés, réfugiés et migrants.
Mesdames, Messieurs ;
En sus des réfugiées et personnes déplacées suite aux crises du Darfour, de la RCA et de la Lybie, le Tchad vit depuis 2015 une nouvelle situation humanitaire consécutive aux atrocités commises par Boko Haram. Selon les données actualisées du Bureau de Coordination des Affaires Humanitaires (OCHA), plus de 2,3 millions de personnes ont besoin d’aide.
Le Gouvernement en réponse à cette situation, a élaboré de concert avec les partenaires un Plan de Réponse Humanitaire.
Il repose sur trois objectifs stratégiques à savoir : sauver des vies, renforcer la résilience et analyser les risques et vulnérabilités. Le défi majeur reste le financement de ce Plan dont le budget est estimé à 566 millions de dollars.
Le manque de financement de ce Plan de réponse risque d’entrainer entre autres :
- L’augmentation du nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aigüe ;
- Le manque de services sanitaires appropriés avec le risque d’apparition d’épidémies ;
- Le non accès à l’éducation de plus de 230 000 enfants;
- La non protection de plus de 650 000 personnes déplacées ne bénéficieront pas de protection ;
- Le non accès à l’eau potable et aux infrastructures d’hygiène et d’assainissement aux personnes déplacées et populations hôtes ;
- La détérioration de la situation des réfugiés, retournés et déplacés internes.
Je voudrais à cet égard saluer la visite de haut niveau de la délégation comprenant le gouvernement américain, de l’Union européenne et des Nations unies, qui s’est rendue au Tchad au mois de juillet dernier afin d’attirer l’attention sur la situation humanitaire dramatique dans le Bassin du Lac-Tchad.
Aussi, souhaiterions-nous une réponse conséquente et urgente de la part de la Communauté internationale pour aider les Etats de la région à y faire face.
Mesdames, Messieurs ;
Tout en saluant l’adoption le 13 septembre 2016 de la Déclaration de New York sur les réfugiés et les migrants, je voudrais souligner l’impérieuse nécessité de se pencher sérieusement sur les causes de ces situations humanitaires qui sont entre autres l’insécurité, le terrorisme, la pauvreté, le changement climatique et leurs corolaires que sont la violence, l’instabilité et l’immigration. Ainsi, aurions nous agi sur les racines du mal au lieu de nous limiter à en gérer les conséquences toujours dramatiques sur le plan humanitaire.
Merci de votre aimable attention
Par: DGCOM Le 22/10/2016 13:23
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