Discours d'ouverture du Sommet de l'UA

Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement, Permettez-moi tout d’abord de féliciter le Commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union Africaine pour le rapport détaillé qu’il vient de nous soumettre. Il ressort de ce rapport que notre Continent n’a pas encore totalement rompu avec le cycle infernal de la violence, même s’il faut se féliciter de quelques avancées. Je citerais en particulier la crise soudanaise du Darfour avec l’Accord de Doha entre le Gouvernement et le Mouvement pour la Libération et la Justice (LJM); ainsi que la mise en place de l’Autorité Régionale du Darfour. Je saisis l’occasion pour inviter les autres factions armées à se joindre à cet Accord, car il ne peut y avoir de solution que politique. Mesdames et Messieurs, Je note avec une certaine amertume que notre Continent est encore loin de retrouver la paix comme l’atteste les irruptions de violence en République Centrafricaine, au Nigeria et dans certains pays de l’espace sahélien. Mon pays, le Tchad, est malheureusement à la croisée de tous ces foyers de tension. Je voudrais à ce niveau insister particulièrement sur la situation en Libye. Les conséquences de la crise survenue dans ce pays voisin et frère touchent non seulement le Tchad et les autres voisins immédiats de ce pays, mais vont au-delà, notamment le Nigeria et le Mali. Ce qui se passe actuellement dans ces deux pays n’est pas sans lien avec la crise libyenne, car les troubles sont suscités et alimentés par les combattants et les armes en provenance de Libye.Les combats qui se déroulent au Mali, la connexion Aqmi-BokoHaram au Nigeria en sont la preuve. J’avais déjà, avant le dénouement de la guerre dans ce pays, attiré l’attention de la communauté internationale sur le danger que représentait pour notre région et le reste du monde, le pillage des arsenaux libyens. Aujourd’hui, il y a dans la nature les armes de guerre de tous les calibres armes comprenant entre autres des missiles sol-sol et sol-air, voire des armes de destruction massive. Le déclenchement subit de la violence dans certains pays de la sous-région n’est que la première manifestation d’un phénomène qui peut prendre une plus grande ampleur. Que faire pour stopper ce phénomène et aider nos frères libyens à restaurer la paix ? La solution, à notre avis, est à deux niveaux. Le premier est d’ordre interne : Le Gouvernement libyen doit impérativement favoriser et faire accepter la réconciliation et la concorde à l’intérieur. Il n’est pas possible de faire la paix tant qu’il y a des milliers d’hommes en armes à l’intérieur et autour de la Libye à qui on ne donne une alternative autre que la guerre. Je suggère cette démarche par expérience, car la réconciliation est la condition indispensable pour la paix à l’intérieur et dans le voisinage. Le second niveau est d’ordre régional : il nous faut instaurer en urgence une coopération et une coordination entre la Libye et les pays directement touchés par la crise libyenne en vue d’apporter les réponses adéquates aux conséquences sécuritaires que vivent nos pays. Mesdames, Messieurs Mon pays se propose d’accueillir une réunion de haut niveau des pays voisins de la Libye, non seulement pour évoquer ces préoccupations mais également pour aider nos frères libyens à restaurer la paix. L’Afrique qui a impérativement besoin d’une Libye nouvelle et stable ne peut se permettre d’assister impuissante aux difficultés que vit ce pays frère et par ricochet ses voisins. Je vous remercie.

Par: Le 31/01/2011 00:00