Discours d'ouverture de la 15ème conférence de la CEEAC

Messieurs les Chefs d’Etat, Chers Frères; Mesdames les Premières Dames, Mesdames et Messieurs les Plénipotentiaires et Chefs de Délégation, Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Monsieur le Président de l’Assemblée Nationale, Mesdames et Messieurs les Présidents des Grandes Institutions, Mesdames et Messieurs les membres du Gouvernement Mesdames et Messieurs les Chefs des Missions Diplomatiques et Représentants des Organisations internationales, Régionales et Non Gouvernementales, Monsieur le Secrétaire Général de la CEEAC, Distingués invités, Mesdames, Messieurs ; Je voudrais au nom du peuple tchadien et en mon nom personnel, vous souhaiter la cordiale et chaleureuse bienvenue à N’Djaména, capitale du pays de Toumaï, terre de fraternité et de convivialité, pour assister au 15éme Sommet ordinaire des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale. Après deux tentatives manquées, je note avec satisfaction aujourd’hui, que votre présence, messieurs les Chefs d’Etat, témoigne bien de votre attachement au processus de l’intégration de notre sous-région. Cette intégration demeure un impératif et la seule issue, à mon sens, qui puisse nous permettre de nous arrimer à la mondialisation. Messieurs les Chefs d’Etat et de Délégations, Mesdames les Premières Dames, Mesdames, Messieurs ; Plus qu’un impératif dicté par les contingences extérieures, l’intégration régionale est pour moi une conviction politique profonde, un engagement personnel. Comment en effet, pouvons-nous faire pour devenir des acteurs et non des victimes résignées de la mondialisation, si nous ne construisons pas ensemble, les conditions de notre accès au marché international ? Comment comprendre qu’une région aussi pourvue en richesses naturelles de toutes sortes soit paradoxalement la zone la plus pauvre de la planète où l’industrialisation est totalement absente ? Disons le franchement, cette situation ne s’explique que par une insuffisance marquée, voire une absence de volonté politique de notre part. Si nous ne voulons pas que l’Afrique centrale soit le dernier wagon du train de l’émergence, abandonnons nos égoïsmes et nos nationalismes au profit d’une politique volontariste d’intégration, au bénéfice de nos populations. Mutualisons pour ce faire, nos nombreuses potentialités économiques et nos ressources humaines. Créons un véritable espace économique intégré. C’est à ce prix que nous pouvons nous prémunir contre les effets pernicieux des crises financières à répétition dans les pays du Nord, rompre le cercle vicieux de la pauvreté, atteindre les objectifs du Millénaire pour le Développement et pourvoir aux besoins fondamentaux de nos populations en matière de sécurité alimentaire, de santé et d’éducation notamment. Ces préalables censés contenir durablement la pauvreté, constituent le socle de la Démocratie et des Droits de l’homme, valeurs universelles auxquelles aspirent légitimement nos populations. La libre circulation des facteurs de production et principalement des personnes reste une source de préoccupation pour notre sous région. Messieurs les Chefs d’Etat, Chers Frères, Mesdames et Messieurs les Chefs des Délégations, Distingués Invités ; En dépit des insuffisances que je viens de relever, notre Communauté n’a pas reculé. Au plan sécuritaire, nous avons réussi l’organisation de l’exercice Kwanza 2010 en République sŒur d’Angola. Désormais, l’Afrique Centrale peut se prévaloir de disposer d’une force Régionale en Attente, capable de planifier, de déployer et de conduire des opérations de maintien de la paix aux normes africaines et onusiennes. Aussi, je me félicite du choix de la ville de Douala au Cameroun, pour abriter la base logistique de la Force Africaine en Attente. C’est le lieu de remercier très sincèrement nos partenaires au développement pour leur engagement, à nos côtés, dans la recherche des solutions aux problèmes sécuritaires en vue de ramener la paix et de stabiliser notre sous région. Je saisis l’occasion pour solliciter spécialement leur appui afin de nous aider à circonscrire et à lutter contre la prolifération et la circulation massive des armes légères, suite au printemps arabe et en particulier, la crise libyenne. En plus de ces acquis qui témoignent de notre volonté d’aller de l’avant vers l’intégration, nous pouvons ajouter, grâce à l’appui de nos partenaires, les progrès importants réalisés dans les études des programmes routiers, notamment : le pont-route-rail de Brazzaville-Kinshassa, le prolongement du chemin de fer Kinshasa-Ilébo et Ouesso-Bangui-N’Djaména ; la navigation fluviale sur l’Oubangui, le Congo et la Sangha. Bientôt, les travaux de bitumage de la route Ouesso Sanguemélima vont démarrer. Nous avons obtenu en outre, de la Banque Africaine de Développement un important financement au Programme d’Appui à la Conservation des Ecosystèmes du Bassin du Congo, avec lequel six paysages pourront être entretenus selon les normes du développement durable, avec toute l’attention qui revient aux populations riveraines. A ce niveau, j’encourage, le Secrétariat Général à faire sienne la proposition du transfert des eaux de l’Oubangui vers le Lac-Tchad. Ce projet capital, le seul susceptible de redonner vie au Lac Tchad et l’espoir aux populations du Bassin du Lac Tchad doit être retenu prioritairement dans le programme d’action du Secrétariat Général de notre Communauté. Messieurs les Chefs d’Etat, Chers Frères, Messieurs les Chefs des Délégations, Distingués Invités ; Je dois relever, pour le déplorer, les contraintes budgétaires qui constituent un véritable frein à nos ambitions communautaires. Je veux évoquer ici, la question du budget du Secrétariat Général. A cet effet, je voudrais rappeler que lors de notre 13éme Sommet, nous avions déclaré que la Contribution Communautaire d’Intégration était un préalable stratégique à la réalisation des objectifs de la Communauté. Malheureusement, nous constatons que nous n’avons pas toujours rendu ce mécanisme autonome opérationnel au niveau de nos Etats. Prenons aujourd’hui l’engagement solennel de rendre ce mécanisme effectif cette année, car nous n’avons pas le droit de décevoir nos populations. Il nous faut par conséquent, nous donner les moyens nécessaires, dès ce Sommet, pour mettre en Œuvre de manière hardie, des réformes profondes afin de revitaliser et transformer notre Communauté en un espace économique et social viable et internationalement compétitif. Pour atteindre cet objectif, l’esprit d’une solidarité honnête et franche doit animer chacun d’entre nous car sans la solidarité, il ne peut y avoir d’intégration dans notre zone et moins encore celle que nous recherchons à l’échelle de notre continent. Messieurs les Chefs d’Etat, Chers Frères, Mesdames et Messieurs les Chefs des Délégations, Distingués Invités ; Notre Sommet se situant opportunément en ce début d’année 2012, je saisis cette occasion pour vous adresser mes vŒux les meilleurs de santé et de bonheur pour vous-mêmes, vos familles et souhaiter pour notre Communauté, la paix. Enfin, je voudrais féliciter le Secrétaire Général et toute son équipe pour leur collaboration exemplaire et pour le travail accompli pendant mon mandat à la présidence de notre Communauté. Je les encourage à aller de l’avant. Sur ce je déclare ouverte la 15éme Conférence au Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique Centrale. Vive la Communauté Vive l’Intégration Sous-Régionale Je Vous Remercie.

Par: DGCOM Le 15/01/2012 00:00