La 26éme journée du CILSS

La 26éme journée du CILSS célébrée le 12 septembre est consacrée cette année au thème : « Foncier rural, facteur d’intégration régionale ». Le choix de ce thème n’est pas fortuit. En effet, en dépit des efforts consentis depuis de nombreuses années, en vue de bâtir l’intégration régionale, celle-ci peine à se concrétiser, notamment avec les difficultés de mobilité des hommes et des biens dans notre espace, et de libre installation entre pays ou encore avec les conflits liés au partage des ressources dans les Etats, mais aussi entre les Etats. A l’évidence, toutes ces questions sont liées à la problématique foncière. Il apparait donc clairement que l’intégration régionale dans notre espace ne peut être effective sans prendre en compte les problèmes fonciers. Sahéliennes, Sahéliens, La problématique foncière dans notre espace régional comporte trois dimensions fondamentales : - L’absence ou l’insuffisance des cadres politiques et législatifs fonciers garantissant un accès équitable au foncier dans les pays du Sahel ; - Le déficit des lois portant sécurisation des droits fonciers des communautés locales accentué par une forte demande de terres agricoles, souvent étrangères ; - La conséquence de tout cela est la multiplication des conflits dans les pays et entre les pays, qui menace la paix sociale, compromet les efforts de développement et met à mal le processus d’intégration régionale. La question foncière demeure donc au cŒur du développement économique et social de nos Etats. Elle conditionne l’utilisation rationnelle des ressources naturelles, la promotion des investissements et la croissance économique, la gouvernance démocratique et la lutte contre la pauvreté. Ces défis fonciers, nous obligent à travailler en synergie : Décideurs politiques, Organisations Intergouvernementales, Organisations Non Gouvernementales, Société civile, Collectivités décentralisées aussi bien dans les pays, qu’au niveau régional en vue de trouver des solutions durables. En conséquence, chaque Etat membre de notre espace communautaire est interpelé à élaborer et à mettre en Œuvre une politique foncière consensuelle, capable de réduire les conflits sociaux et de promouvoir le développement économique et social de ses populations. Face à l’insécurité foncière grandissante, il nous faudra développer des outils innovants et consensuels de sécurisation foncière, qui intègrent l’accès à la terre des groupes vulnérables comme les femmes, les jeunes, les migrants et aussi les personnes déplacées dans les zones de conflits. Nous devrons également pouvoir concilier, à travers nos outils de gouvernance foncière et de développement durable, la demande extra-africaine des terres avec les principes de durabilité, sans porter atteinte aux droits fonciers des communautés locales dans nos pays. Sahéliennes, Sahéliens, Le Sahel dispose de vastes étendues de terres cultivables et d’importantes réserves de biodiversité. Les terres existent, mais elles sont mal réparties où se trouvent concentrées le plus souvent entre les mains d’un petit groupe ou laissées à l’abandon, une fois dégradées. Cette situation nous commande tous, d’avoir une vision prospective. L’adoption d’une Charte foncière régionale pour l’ensemble du sahel et de la région ouest africaine, recommandée par le Forum de Praia plus 9 à Bamako en 2003 va dans ce sens. Un tel outil peut nous permettre de faire face à la problématique de la gestion foncière dans la sous-région, notamment en favorisant la sécurisation des investissements, la préservation des droits des communautés locales et la gestion des intérêts nationaux de chaque Etat. Aussi, j’invite tous les Etats membres du CILSS, mais aussi les Organisations intergouvernementales, les Agences de coopération, les Organisations de la société civile à s’impliquer davantage et à nous accompagner dans l’élaboration de la Charte foncière régionale, instrument incontournable pour la promotion de l’intégration régionale. Après le forum régional de Bamako en 2003 portant sur « Foncier rural et décentralisation », l’heure est venue de faire le point sur l’état d’exécution de nos recommandations et de mesurer les évolutions foncières dans la sous-région. A cet effet, il me plait de vous annoncer, que le CILSS organisera en 2012 le forum régional Bamako plus 9. Aussi, j’invite tous les pays membres du CILSS, les amis et partenaires du Sahel à s’associer à cette importante initiative pour en faire un succès éclatant. Sahéliennes, Sahéliens, En consacrant la 26ème journée du CILSS au foncier rural, notre organisation commune a voulu donner une fois de plus l’opportunité à tous les acteurs du développement d’approfondir la réflexion sur un thème d’intérêt majeur pour le Sahel, qu’est la question foncière. C’est pourquoi, conscient de l’enjeu, à la fois économique et géologique, je suis convaincu que les discussions qui seront menées au cours des conférences-débats et autres concertations prévus dans le cadre de cette journée-nous permettront d’avancer dans les réflexions vers notre objectif majeur d’intégration régionale, mais surtout de créer les conditions nécessaires pour intégrer les questions foncières dans les stratégies de développement de nos Etats. Je voudrais, pour finir, remercier nos partenaires qui, malgré un environnement international difficile, continuent de nous accompagner dans notre politique pour le bien-être des populations sahéliennes. Vive le CILSS, Vive la solidarité sahélienne, Vive la solidarité internationale, Je vous remercie.

Par: Le 12/09/2011 00:00